Le documentaire « Collapse (Face à Gaza) », réalisé par l'Israélienne Anat Even, sort en salles le 6 mai. D'une durée de 1h18, ce film essentiel interroge la société israélienne et le sens de la guerre après les attaques du 7 octobre 2023.
Un voyage dans un no man's land
La caméra d'Anat Even erre sur les terres fertiles mais vides du kibboutz de Nir Oz et ses alentours, devenus un no man's land fantomatique. Là où l'horreur terroriste a tué par centaines, la réalisatrice, qui y a vécu, cherche ce qu'il reste de son village et d'Israël. Au loin, presque à portée de regard, se dressent les ruines et les explosions de Gaza, d'où un ami entretient une correspondance avec elle, lue en off par le comédien Arieh Worthalter.
Des images de propagande et de silence
Quand des vivants apparaissent, ce sont des touristes, un rassemblement de colons prêts « à judaïser Gaza », ou quelques opposants réduits au silence. Un jour, Netanyahou est filmé, imperturbable face au bruit des bombes. Dans ce poème aride et mortifère, Anat Even nomme ce phénomène « le désastre », comme un témoignage d'impuissance face aux propagandes guerrières et du besoin de s'en remettre au cinéma.
Le film offre une réflexion profonde sur la désolation et l'absurdité de la guerre, tout en interrogeant le spectateur sur sa propre perception des conflits. Collapse (Face à Gaza) est une œuvre nécessaire pour comprendre les fractures d'une société israélienne déchirée.



