Adieu à Chantal Nobel : une cérémonie émouvante à Ramatuelle
Adieu à Chantal Nobel : cérémonie émouvante à Ramatuelle

Une semaine après le décès de Chantal Nobel, survenu le 30 avril à son domicile de Ramatuelle à l'âge de 77 ans, sa famille et ses amis se sont réunis ce jeudi 7 mai pour une cérémonie d'obsèques empreinte d'émotion. L'office religieux s'est déroulé en l'église Notre-Dame de l'Assomption, où une soixantaine de personnes ont pris place pour rendre un dernier hommage à l'actrice immortalisée par son rôle de Florence Berg dans la série télévisée Châteauvallon.

Une cérémonie intime et chargée d'émotion

Le père Jean-Paul Gouarin, qui avait déjà célébré les obsèques du mari de l'actrice, le joaillier Jean-Louis Julian, un an et demi plus tôt, et qui avait officié début janvier pour l'adieu à Brigitte Bardot à Saint-Tropez, a dirigé la cérémonie. Dans son homélie, il a dressé le portrait d'une femme « solaire, combative, volontaire, courageuse ». Un portrait joyeux du couple trônait à côté du cercueil, tandis que la voix de Jeff Buckley interprétant Hallelujah de Leonard Cohen a accompagné la bénédiction du corps.

Sa fille, Anne-Charlotte, a pris la parole pour un adieu poignant : « Je n’ai jamais vécu un voyage aussi long que celui de ton départ », a-t-elle confié, évoquant des souvenirs précieux : « Je me souviens de tes ongles rouges sur mon visage, tes yeux gris-vert de star, le son si particulier de ta voix, ton soufflé au fromage... Tu m’as appris la franchise, à dire “je t’aime” dans toutes les langues, qu’on pouvait fumer à l’hôpital et qu’il fallait boire le champagne avant qu’il ne soit chaud. Tu m’as montré ce qu’est être heureuse, ce qu’est la vie, merci maman. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un dernier voyage vers le cimetière

La cérémonie s'est achevée sur les notes de She's out of my life de Michael Jackson. Les proches ont ensuite accompagné le cercueil jusqu'au cimetière de Ramatuelle, où l'inhumation s'est déroulée dans la plus stricte confidentialité. Parmi les rares personnalités présentes figurait Norbert Atlan, ancien jet-setteur, qui a confié : « C’est très émouvant pour moi d’être là, ça me rappelle de beaux souvenirs. Chantal était quelqu’un d’exceptionnel pour qui j’avais beaucoup d’admiration et une haute estime. »

Une femme libre et lumineuse

Chantal Nobel s'était retirée du monde du show-business après un grave accident de voiture en 1985 aux côtés de Sacha Distel. Mais ceux qui l'ont connue se souviennent d'une femme « libre », « spontanée » et « solaire ». Manu, patron de l'établissement de plages Les Salins, se rappelle : « Je l’ai vue arriver en 1971 à Saint-Tropez. C’était une chic fille, spontanée, solaire. Que tu sois plagiste ou n’importe qui d’autre, elle s’adressait aux gens de la même façon. » Sa fille aînée, Alexandra, ajoute : « Elle était même sans filtre. »

Quelques heures après la cérémonie, les deux filles de l'actrice ont accepté de parler plus longuement de leur mère, avec une infinie tendresse et une admiration non feinte. Elles décrivent une femme « jamais aliénée », qui s'est faite « toute seule », sans études supérieures mais avec talent et détermination. « Elle nous a donné le sens de l’autonomie et de l’indépendance, y compris vis-à-vis des hommes. Ce n’était pas non plus une Femen car elle aimait les jeux de l’amour. Elle aurait très bien pu vivre au temps de Valmont ! »

Un humour caustique et un courage hors du commun

Chantal Nobel possédait un humour « caustique et intelligent », selon Anne-Charlotte. Elle était élégante, sportive, adepte de tennis, de ski et de course automobile (elle a terminé un Paris-Dakar en camion en tant que copilote). « Elle était très musclée et affûtée. Une femme qui fait six heures de pilates par jour n’aurait pas eu son corps. »

Avec ses filles, elle se montrait charnelle, guide et protectrice. Son parfum Guerlain restera dans les mémoires. « On peut dire qu’elle a aimé ses filles. Elle nous trouvait toujours belles et nous a enveloppées de beaucoup d’amour et de tendresse. Elle nous disait qu’il ne fallait jamais oublier de dire “je t’aime”. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Mais ce qui marque le plus, c'est son courage. « Le courage, c’est accessible au commun des mortels. Elle, elle était au-dessus », estime Anne-Charlotte. Après son accident, elle ne se plaignait jamais. « Elle répondait : “Moi, ça va super, je regarde Roland-Garros !” », se souvient Alexandra. « Ce n’était pas une femme nostalgique. Elle aimait la vie et elle a voulu la vivre à 200 km/h. » Sa trajectoire s'est courbée lors d'une nuit d'avril 1985, mais elle a continué sa course pour envelopper ses proches de tout son amour.