Après Édouard Philippe et Gabriel Attal, Bruno Retailleau se met à son tour à l'intelligence artificielle (IA). Le ministre de l'Intérieur a lancé, ce lundi 7 juillet, une grande consultation sur le sujet, affirmant que l'IA représente «la grande bataille technologique de notre histoire». Cette initiative vise à recueillir les avis des citoyens, des experts et des acteurs économiques pour élaborer une stratégie nationale.
Une consultation pour une stratégie nationale
La consultation, ouverte sur une plateforme dédiée, devrait durer plusieurs semaines. Elle aborde des thèmes comme l'éthique, la souveraineté, l'emploi et la sécurité. Retailleau a souligné que la France doit «prendre le train de l'IA» pour ne pas être distancée par les États-Unis et la Chine. Selon lui, l'IA est un enjeu de «puissance et de civilisation».
«Nous devons faire de l'IA une priorité nationale, au même titre que la transition écologique», a déclaré le ministre lors d'un discours à Bercy. Il a également annoncé la création d'un comité de pilotage composé de scientifiques, d'entrepreneurs et de représentants de la société civile.
Un contexte de concurrence internationale
Cette annonce intervient alors que plusieurs pays ont déjà lancé des stratégies IA ambitieuses. Les États-Unis ont investi des milliards de dollars, tandis que la Chine vise à devenir leader mondial d'ici 2030. En Europe, la France est en retard selon certains experts. Une étude récente de l'Institut Montaigne estime que la France compte seulement 10% des start-up IA européennes, loin derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Retailleau a cité l'exemple de Mistral AI, une start-up française prometteuse, pour montrer que la France a des atouts. «Mais il faut accélérer, sinon nous raterons le virage», a-t-il prévenu. Le gouvernement prévoit de débloquer des fonds supplémentaires pour la recherche et la formation.
Des enjeux éthiques et sécuritaires
La consultation aborde également les risques liés à l'IA, notamment en matière de surveillance et de désinformation. Retailleau a insisté sur la nécessité de «garder le contrôle humain» et de «protéger les libertés publiques». Il a évoqué la création d'un «GIEC de l'IA» pour évaluer les impacts sociétaux.
«L'IA ne doit pas être une menace pour la démocratie, mais un outil au service de l'intérêt général», a-t-il affirmé. Le ministre a aussi pointé les défis en matière de cybersécurité et de lutte contre les deepfakes.
Réactions politiques
L'opposition a salué l'initiative tout en émettant des réserves. Le député LFI Paul Vannier a estimé que «le gouvernement doit agir concrètement, pas seulement consulter». De son côté, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a appelé à «un plan d'investissement massif».
Au sein de la majorité, on se félicite de cette dynamique. Le député Renaissance Éric Bothorel a tweeté : «Enfin une stratégie claire pour l'IA. Bravo Bruno Retailleau.» La consultation devrait aboutir à un livre blanc d'ici la fin de l'année.



