Vent contraire pour les drones-voiliers IA à Toulon : une première mondiale mitigée
Drones-voiliers IA à Toulon : une première mondiale mitigée

La Destinus AI Regatta, présentée comme la « première course au monde de drones-voiliers pilotés par intelligence artificielle », s'est tenue samedi matin dans la rade de Toulon, devant le fort Saint-Louis. L'événement, organisé par Twelve Med Events, avait déployé des moyens ambitieux : écran géant, tribunes, retransmission YouTube et commentaires en direct. Mais les organisateurs ont dû faire face à de nombreux imprévus.

Des avaries en série

Sur le papier, le concept était simple : une vingtaine de voiliers miniatures d'un mètre de long, équipés d'un cerveau embarqué capable d'orienter gouvernail et voiles, devaient s'affronter entre deux bouées. Mais dès les essais, les problèmes techniques se sont multipliés. Les étudiants d'écoles d'ingénieurs venus de toute la France ont rencontré des difficultés : câbles défectueux, composants électroniques grillés, cartes de pilotage perdues. « L'algo est au point mais on a un souci de câble. Plus rien ne fonctionne », s'agace Chahyn, un étudiant toulousain qui n'a pas dormi de la nuit pour tenter de réparer.

Des étudiants dépassés par la mécanique

Michel, un Toulonnais plusieurs fois champion de France de bateau radiocommandé, observe la scène avec circonspection : « Ils sont sans doute super forts en informatique, mais ils ne savent pas positionner un mât ou un spi. Ils vont avoir du mal à naviguer. » Les tours de chauffe confirment ses craintes : un bateau s'échappe et est repêché in extremis, un étudiant se jette à l'eau pour récupérer son mini-Imoca qui ne répond plus. Dans le public, les spectateurs sont perplexes : « On ne comprend pas tout. Les bateaux font des ronds dans l'eau. »

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Seulement trois bateaux au départ

Finalement, sur la vingtaine de voiliers prévus, seuls trois prennent le départ de la régate. Un seul parvient à boucler le parcours : celui de la société crauroise PyroVigil. « Ils ont eu un an pour mettre leur bateau au point. Nous, à peine quelques semaines », sourit un futur ingénieur. Xavier Caux, président de Twelve Med Events, admet : « À l'avenir, il faudra prévoir plus de préparation. » Un membre de l'organisation tente de relativiser : « On ne peut pas construire la fusée Ariane du premier coup. »

Sponsorisée par la start-up Destinus, qui fournit des drones militaires à l'Ukraine, la régate visait à démontrer le futur de la navigation autonome. Mais au Mourillon, il a surtout été question de cartes grillées et de voiles mal réglées. Malgré tout, Louis, un étudiant, conclut : « On se sera quand même bien amusés. »

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