Deezer a dévoilé, jeudi 11 juin 2026, un détecteur gratuit permettant aux utilisateurs de diverses plateformes de streaming de scanner leurs playlists afin de savoir si elles contiennent des titres entièrement générés par intelligence artificielle (IA). L'entreprise française a fait cette annonce à l'AFP.
Un outil accessible à tous
Le détecteur est disponible en ligne pour les abonnés de Deezer ainsi que pour ceux d'une vingtaine d'autres services de streaming, notamment Spotify, Apple Music, YouTube Music, Tidal et Qobuz. Il suffit de se connecter à son compte audio depuis le site de détection pour que le scanner analyse une partie de la bibliothèque, en l'occurrence les playlists créées par l'utilisateur lui-même. Le résultat est affiché sous forme de pourcentage du volume total, sans révéler les titres spécifiques concernés.
Un radar contre les « fake songs »
« La majorité des gens veulent savoir si de la musique générée par l'IA leur est recommandée », a déclaré Alexis Lanternier, PDG de Deezer. Il estime que ce détecteur sera « une révélation pour les auditeurs du monde entier ». L'objectif est de répondre à une demande croissante de transparence face à l'essor des morceaux créés par IA.
Un phénomène en pleine expansion
Avec les progrès des logiciels de création musicale par IA, ces morceaux deviennent de plus en plus sophistiqués, au point d'être presque impossibles à distinguer à l'oreille. Certains rencontrent même un véritable succès, comme le titre Magique de Willy l'Ancien, un producteur mystère qui cumule plusieurs millions d'écoutes. Le nombre de ces titres ne cesse d'augmenter : près de la moitié des morceaux mis en ligne chaque jour sont désormais entièrement générés par l'IA, soit environ 75 000 titres par jour sur Deezer, qui a été la première plateforme à les signaler via une mention spécifique.
Initiatives et controverses
Deezer a également choisi de démonétiser ces morceaux en les retirant des recommandations algorithmiques et des playlists éditoriales. Toutefois, la consommation de cette musique reste marginale, représentant entre 1 et 3 % du nombre total de streams, selon Deezer. Par ailleurs, une proposition de loi visant à protéger les contenus culturels utilisés par les fournisseurs d'IA est à l'étude au Parlement, mais elle suscite une vive opposition de la part de certaines entreprises technologiques.



