Iran menace d'imposer des permis pour câbles sous-marins à Ormuz
Iran : permis pour câbles sous-marins à Ormuz

Les Gardiens de la révolution iraniens menacent les câbles sous-marins

Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé lundi leur intention d'instaurer des « permis » pour autoriser l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. Cette menace soulève des interrogations sur la sécurité des données mondiales et le respect du droit international.

Quels câbles traversent le détroit d'Ormuz ?

Plusieurs infrastructures sous-marines majeures transitent par cette zone stratégique. Le câble AAE-1 (Asie, Afrique, Europe) relie Hong Kong à l'Italie et à la France, avec une section passant par Ormuz. Les réseaux FALCON et Gulf Bridge connectent les pays du Golfe, dont l'Iran, à l'Inde et à l'Afrique de l'Est, jusqu'à l'Égypte. Selon Alan Mauldin, directeur de recherche chez TeleGeography, ces câbles transportent « n'importe quelles données que vous pouvez imaginer : vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales ».

Impact potentiel de la menace iranienne

Le potentiel de perturbation mondiale serait limité, car les données entre l'Asie et l'Europe sur l'AAE-1 empruntent une autre liaison. De plus, les pays du Golfe disposent d'options alternatives. Cependant, la capacité des réseaux terrestres pourrait être insuffisante pour un reroutage complet, et le Qatar, point terminal de l'AAE-1 dans le Golfe, serait particulièrement vulnérable.

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Quelle menace pèse sur ces câbles ?

Éric Lavault, ancien officier de la marine française, explique que le détroit d'Ormuz est un espace restreint aux eaux peu profondes, propice au harcèlement par des moyens habités ou non habités. Les forces américaines n'ont pas empêché l'Iran de lancer des opérations depuis sa côte. Les autorités iraniennes pourraient entraver la maintenance et la pose de nouveaux câbles, et les réparations seraient compliquées en cas de dommages. Chaque année, environ 200 incidents touchent les câbles sous-marins dans le monde, souvent accidentels. La flotte de réparation, notamment un seul navire basé aux Émirats arabes unis, est vulnérable pendant les opérations.

Conformité au droit international

Les déclarations iraniennes restent floues : s'agit-il de péages ou de permis ? Les câbles actuels ont été posés dans les eaux omanaises, mais Téhéran revendique la souveraineté sur sa mer territoriale. L'Iran a signé la Convention de Montego Bay de 1982 (CNUDM) sans la ratifier. En principe, il n'a pas le droit d'exiger des péages. La CNUDM autorise la pose de câbles dans les zones économiques exclusives, et l'État côtier ne peut normalement s'y opposer. Éric Lavault déplore que « c'est une fois de plus un pilier fondamental du droit international qui se fissure ».

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