Romane Miradoli s'offre l'argent olympique en super-G après avoir vaincu ses incertitudes
Vice-championne olympique du super-G, la Française Romane Miradoli a connu des moments de doute intense après sa décevante 16e place lors de la descente samedi. Pourtant, elle affirme avec conviction n'avoir « rien lâché » pour finalement décrocher sa toute première médaille olympique, une performance qui couronne treize années de carrière acharnée.
« Je n'ai rien lâché, j'y ai toujours cru ! »
« Je n'ai rien lâché, j'y ai toujours cru ! », s'est exclamée la skieuse de 31 ans auprès de l'AFP, le visage illuminé par la médaille d'argent du super-G des Jeux olympiques de Milan Cortina. Cette récompense suprême vient matérialiser des années d'efforts et de persévérance dans le monde exigeant du ski alpin.
« J'étais vraiment focus sur ce que j'avais à faire, j'ai joué et ça a payé », a-t-elle ajouté, rappelant ses cinq podiums en Coupe du monde, dont une deuxième place à Saint-Moritz en décembre. Miradoli représentait d'ailleurs la meilleure chance de médaille pour les Bleues du ski alpin à Cortina, une pression qu'elle a su transformer en motivation.
Surmonter les moments difficiles
Interrogée sur sa réaction face à cette consécration, la sportive avoue ne pas encore réaliser pleinement. « Pas trop, non. Franchement, je ne réalise pas. J'ai traversé tellement de moments difficiles, y compris en début de semaine, que je ne réalise pas trop ce qui m'arrive. Mais je n'ai rien lâché, j'ai su rebondir, mon ski ne s'était pas envolé et voilà, j'y ai cru ».
Elle revient sur le déclic survenu après sa modeste 16e place en descente olympique. « C'est vrai qu'après le deuxième entraînement de descente samedi, j'avais presque envie de rentrer chez moi parce que ça n'allait vraiment pas, j'étais prise de doute comme rarement. Déjà la descente de dimanche m'a fait passer un petit cap même si ça ne s'est pas vu sur le résultat ».
« Derrière, la descente du combiné, je fais mon ski et je suis dans le top 10 presque facilement, juste en faisant mon ski et en fait ça m'a reboostée de folie... Aujourd'hui, c'était la vraie Romane ! », confie-t-elle avec émotion.
Une course menée en aveugle
Sa course en super-G s'est déroulée dans une bulle de concentration absolue. Alors que plusieurs skieuses sont parties à la faute devant elle, Miradoli affirme n'en avoir rien su. « Je ne le savais pas en fait ! Moi, j'ai juste regardé les deux premières et après je suis vraiment dans ma bulle en haut et je ne suis pas au courant de ce qui se passe ».
« Donc je ne savais pas et en arrivant en bas je vois que je suis deuxième avec le dossard 15. Je me dis “ah ça va quand même faire quelque chose de pas mal...” », raconte-t-elle avec un sourire malicieux.
Une piste exigeante et un podium magique
La piste de Cortina s'est révélée particulièrement exigeante selon la médaillée. « Oui, ça n'était pas facile. En fait, je l'ai vécue de manière plus difficile que ce que je m'imaginais... De ce que j'ai compris, tout le monde a fait des fautes. Après, voilà, c'est le jeu en super-G, on fait des fautes mais on sait qu'on continue de pousser et puis derrière, on voit ce qui se passe dès qu'on passe la ligne ».
Le podium partagé avec la championne olympique Federica Brignone et la troisième Cornelia Hütter reste pour elle un moment magique. « Incroyable. Federica, elle m'impressionne. Elle n'a pas beaucoup skié, elle revient et elle est championne olympique de super-G. Que ça soit elle ou l'Autrichienne Cornelia Hütter, c'est des filles que j'adore et partager le podium avec elles, c'est juste magique ».
Cette médaille d'argent olympique marque ainsi un tournant majeur dans la carrière de Romane Miradoli, prouvant que la persévérance et la confiance en soi peuvent triompher des doutes les plus profonds.