Le remplaçant d'Hugo Auradou à Pau s'épanouit et vise la continuité
Actuellement en pleine forme, le remplaçant d'Hugo Auradou au sein de la deuxième ligne paloise démontre un état d'esprit exemplaire et un niveau en phase avec les ambitions du club. Après un départ frustrant de Bordeaux, où il se sentait marginalisé au sein de l'UBB, son statut a radicalement changé depuis son arrivée à Pau en début de saison dernière.
Une renaissance à Pau
À Pau, j'ai trouvé plus que ce que j'étais venu chercher, confie-t-il. Le groupe est extraordinaire de simplicité. Quand je me lève, j'ai plus l'impression de rejoindre des potes que d'aller au boulot. C'est précieux, d'autant que les résultats vont avec. Sur le plan personnel, il a appris à mieux travailler et à affiner ses méthodes, ce qui lui a permis de retrouver un certain niveau de performance.
Considère-t-il avoir renoué avec son meilleur niveau ? Je suis en train, répond-il. L'enchaînement des matchs fait que tu développes ton plein potentiel. Je suis vraiment intégré dans le groupe, je maîtrise le plan de jeu, j'ai des automatismes avec les gars. Il évoque des hauts et des bas, notamment lorsqu'un club où il a passé trois ans lui demande de partir, une situation compliquée qui l'a obligé à se reconstruire. J'ai appris de cette expérience. Je suis un peu plus mature dans mes réflexions, ma méthodologie de travail. Je me gère mieux physiquement et mentalement.
Le rôle de doublure et la hiérarchie
La reconnaissance liée à sa performance face à Toulon est-elle importante pour une doublure ? Oui, admet-il. Mais il ne faut pas non plus s'y attacher de trop. Et c'est ça qui est dur. Au bout d'un moment, on est professionnels, il faut rester froid. Il souligne la nécessité de se maîtriser entre l'envie de monter dans la hiérarchie et d'être un bon coéquipier performant. Ce qui finalement, reste l'objectif à atteindre. Et pour ça, il faut juguler sa frustration.
Comment vit-il le fait d'être clairement le numéro deux derrière Hugo Auradou, l'un des meilleurs numéro quatre de France ? Hugo est très mature, il a une grosse vision du jeu, explique-t-il. Il comprend très bien le rugby dans son ensemble, et la touche spécifiquement. Il est notre leader de touche, et devient un leader tout court puisqu'il a été capitaine contre Toulouse. Il ajoute : Quand tu as un jeune qui a un gros momentum, tu le maintiens et tu le pousses pour qu'il continue à fleurir. Moi, je suis là pour être bon quand on me met.
Progression et perspectives
Auradou lui a-t-il permis de progresser ? Il y a Hugo, mais il y en a beaucoup d'autres, précise-t-il. Il mentionne Thomas Choveau, l'entraîneur de la touche paloise, qui l'a mis au contact des décisions, une première dans sa carrière. J'ai appris comment on faisait un plan de touche, sa gestion, ce que ça implique, l'annonce… Contre Toulon, il a pris beaucoup de touches, un choix de Loïc Crédoz qui l'a fait briller. Au contact de ces mecs-là, j'apprends beaucoup et j'endosse le rôle qu'ils ont sur les matchs.
Souffre-t-il du fait de ne pas assez jouer ? Tu veux toujours enchaîner, reconnaît-il. Mais quand tu as cinq matchs dans les pattes et que tu n'en peux plus, t'es bien content d'être remplaçant. Donc je prends ce qu'on me donne, j'essaye d'être content de ce que j'ai, d'être le meilleur possible. Il ajoute : Il faut juste se préparer à être meilleur sans ronger son frein et en vouloir plus. Et potentiellement, plus je suis bon sur ce qu'on me donne et plus je pourrais jouer.
Un alignement performant et un avenir à Pau
A-t-il déjà évolué au sein d'un alignement aussi performant ? Non, répond-il. Il y a des mecs avec de gros cerveau. Grâce à Choveau, Auradou, Crédoz ou Whitelock, on est déjà dotés d'une grosse base. Ce sont des mecs qui ont une vraie science de la touche. Il note des soucis sur la défense de ballons portés, réglés lors du dernier match, et attend de voir si cela continue à Perpignan.
Le fait de probablement lever l'année optionnelle de son contrat et de continuer à Pau pour un an est-il le gage de son épanouissement à la Section ? Complètement, affirme-t-il. Ce n'est pas encore fait, mais c'est en bon chemin. J'espère que ça le fera, parce qu'effectivement, je me sens très bien, j'adore les mecs avec qui je bosse, la région. Il conclut : Durant toute ma carrière, et notamment plus jeune, j'ai toujours été très sensible à l'attention qu'on me portait. Encore une fois, j'ai connu des hauts, des bas, et ici, je me suis stabilisé. Mentalement, émotionnellement, je gère mieux. On est deuxièmes de Top 14, je me régale… donc bien sûr que j'ai envie de continuer ici.