Sous les chênes de la bastide Châteauloin, à l'entrée de Néoules, le calme règne encore. Mais bientôt, le ballet des voitures, des projecteurs et des t-shirts floqués annoncera la 35e édition du festival de Néoules, du 16 au 18 juillet 2026. C'est le plus vieux festival de musique actuelle du Var, comme le souligne Valérie Poirrier, administratrice. En trois décennies, il a évolué, s'est agrandi, a revu sa programmation, s'est ouvert à d'autres formes d'art et prône des valeurs écologiques. Mais deux choses n'ont pas changé : le bénévolat et le cadre.
Un cadre unique et un état d'esprit
« Le site est un état d'esprit », se souvient Frédéric Guigues, ancien conseiller municipal. Au début des années 1990, la mairie acquiert le site de Châteauloin, une ancienne bastide médiévale. Guigues, alors en charge de la culture, propose d'organiser un festival de musique. L'association Chemins pluriels est créée. Après 12 ans à la tête du festival, Guigues passe le relais : « C'était passionnant mais il fallait que le festival évolue. Il l'a toujours fait, peut-être qu'il n'existerait plus, sinon. »
Valérie Poirrier confie : « Ce n'est pas évident de maintenir un petit festival mais on est encore là. » Le festival a connu des passages de relais, des présidents, des programmateurs, des bénévoles qui ont apporté un souffle nouveau. Il est devenu plus gros, avec une deuxième scène et une programmation dense de cinq artistes par soir, de 18 heures à 2 heures du matin.
Un engagement écoresponsable
Depuis 10 ans, un marché nocturne « Les Arts sous chênes » propose des créations artisanales et des performances artistiques. En 2016, les bénévoles ont mis en place le développement durable avec la Brigade verte. « On est labellisé Ecofestival », relève Pascal, membre de l'administration. Le cahier des charges est exigeant : achats en circuits courts, camping pour limiter l'empreinte écologique, tri et revalorisation des déchets. « Il a su garder son âme », assure Pascal.
Pascal, surnommé Palou, compte 22 ans de bénévolat. Intermittent du spectacle et backliner, il se souvient de sa première fois en 2004 : « J'ai tout de suite été envoûté. C'est mon festival de cœur. » Cette année-là, une coupure d'électricité a eu lieu pendant le concert de Johnny Clegg. « Le festival a évolué dans le bon sens. Ici, il y a un état d'esprit très fort. On est vraiment tous ensemble, il n'y a pas de barrières avec les artistes. Je me souviens en avoir vu faire la vaisselle. Ils veulent tous revenir. »
Une édition spéciale pour les 35 ans
Cette 35e édition sera marquée par un renouvellement musical et « un mélange des esthétiques ». Ce sera aussi la première édition pour Sophie Aboudaram, nouvelle maire de Néoules, qui « porte un regard bienveillant sur ce festival qui est à la fois très connu et très singulier ». Le festival continue de rassembler toutes les générations et recherche encore des bénévoles. « Il faut être de bonne humeur, avoir le sourire. Pour moi, cela a été un tremplin. C'est aussi une fierté », conclut Palou.



