Joris Segonds de retour à Clermont après sa blessure, le joueur de Bayonne évoque la crise interne
Segonds de retour, Bayonne face à la crise avant Clermont

Joris Segonds de retour comme titulaire face à Clermont après sa blessure

Blessé lors de la dernière défaite à domicile face au Racing 92 (36-41), Joris Segonds effectue son retour dans le quinze de départ de l'Aviron Bayonnais pour le déplacement à Clermont, ce samedi. L'ouvreur, clé de voûte de l'attaque bayonnaise, livre une analyse franche sur la période de turbulence que traverse le club, suite à la mise à l'écart de l'entraîneur des avants Grégory Patat.

Une expérience professionnelle déjà vécue

Comment avez-vous vécu ces dix derniers jours particuliers, avec la mise à l'écart de Grégory Patat ? « Ce n'est pas ma première expérience du genre », confie Segonds. « J'avais vécu des choses similaires à Paris. C'est le monde professionnel. C'est comme avec les joueurs : on vit au quotidien avec certains, puis du jour au lendemain, ils disparaissent. En interne, nous avons tenu à remercier Greg pour son travail. Puis nous avons rapidement basculé sur autre chose, car nous avons un match important à Clermont, après deux défaites à domicile. Notre tête est pleinement tournée vers ce match. »

Peu de changements dans l'organisation rugbystique

Y a-t-il beaucoup de changements dans votre organisation ? « En termes de rugby, cela n'a pas énormément changé », explique le joueur. « Greg travaillait énormément avec Ged Fraser, qui avait beaucoup de leadership avec Camille Lopez et Nick Abendanon, notamment sur l'attaque et la défense. Greg était surtout sur le jeu des avants. Pour nous, derrière, rien n'a changé. »

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Prendre ses responsabilités en tant que joueur

Prenez-vous cette décision comme un électrochoc ? « On verra les réponses dans les semaines à venir », répond Segonds. « Si on perd à Clermont, ce n'est pas Ged qui va nous faire perdre. Nous, les joueurs, sommes des adultes. Il faut prendre nos responsabilités. Ce n'est pas le staff qui est sur le terrain. Ce n'est pas Laurent Travers, qui a pris les rênes, qui sera sur le terrain. C'est à nous de nous remettre au travail. Je ne pense pas que nous ayons perdu l'envie de travailler, mais nous avons un peu perdu la confiance à cause des résultats et du jeu proposé. »

Retrouver la confiance par les victoires

Comment retrouver cette confiance ? « Quand tu gagnes deux ou trois matches de suite, tu oses des choses que tu ne tentes pas lors d'une série de défaites », analyse l'ouvreur. « C'est un point sur lequel il faut travailler. Nous allons avoir un stage à Seignosse mi-mars. Cela nous fera du bien de nous retrouver, de prendre du temps pour travailler ensemble. Même si nous jouons à Anoeta ou au Stade de France, il faut d'abord retrouver la confiance aux entraînements. Quoi de mieux qu'un gros match à Clermont, qui sort d'une belle victoire à Toulon, pour montrer un autre visage ? Nous, les joueurs, sommes aussi touchés. »

Le plaisir toujours présent malgré les difficultés

Prenez-vous toujours du plaisir ? « Le plaisir, nous l'avons toujours », assure Segonds. « C'est notre travail, mais chaque matin, nous nous levons pour jouer au rugby. C'est un jeu, avant tout notre passion. Donc ce plaisir est là. Après, depuis janvier, nous n'avons pas joué un match sous le soleil. Moi le premier, cela m'ennuie, désolé de l'expression. »

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Une dynamique à recréer dans un calendrier morcelé

Comment recréer une dynamique dans ce calendrier désormais morcelé ? « C'est toujours compliqué d'enchaîner un ou deux matches puis d'avoir un week-end de repos », constate le joueur. « Là, il y a les vacances, alors que nous avions enchaîné 13 journées avec la Coupe d'Europe sans pause, une période avec beaucoup de blessés. Nous aurions préféré enchaîner maintenant que notre infirmerie est vide. Mais c'est ainsi. La saison dernière, nous avons surfé sur une bonne dynamique sans beaucoup de casse. Est-ce que nous le payons aujourd'hui ? Je ne sais pas, mais pour avoir échangé avec plusieurs personnes, je me souviens de Montpellier, du Stade Français, ces équipes qui ont fait une demi-finale. L'année suivante, c'était très compliqué. Tu es attendu, tu n'es plus la petite équipe. Tout le monde veut venir gagner à Dauger. Même dans nos têtes, c'est dur. Ce n'est pas une excuse. Cette saison est compliquée, mais elle ne peut que nous faire grandir. Nous avons été rappelés à l'ordre. Cela va nous servir de leçon. Nous sommes tous piqués au vif. J'espère que cela va nous rebooster pour la fin de saison. »

Un problème d'indiscipline individuel à régler

Votre problème récurrent d'indiscipline est-il collectif ou individuel, selon vous ? « Pour moi, c'est individuel », affirme Segonds. « Nous regardons à chaque fois avec Nick Abendanon, l'entraîneur de la défense. Nous sommes la deuxième équipe la plus pénalisée pour hors-jeu. Là, le coach a beau nous dire ce qu'il veut, c'est une mentalité à changer. À chaque fois, nous prenons ce demi-mètre de trop. Nous avons peut-être trop envie de défendre. Mais nous nous mettons des bâtons dans les roues seuls. Dans ce championnat où toutes les équipes se tiennent, la moindre opportunité se transforme en points. Il va falloir agir, car depuis mon arrivée à Bayonne, la discipline est un point sensible. »

Des statistiques favorables face à Clermont, mais une réalité terrain différente

Vous restez sur trois victoires face à Clermont (toutes à Jean-Dauger) et six sur les huit dernières confrontations. Cela peut-il être un atout psychologique ? « J'espère que les statistiques vont se confirmer, mais on sait aussi que les chiffres ne disent pas toujours la réalité du terrain », nuance l'ouvreur. « Là, nous allons affronter une équipe en confiance. Ce n'est pas plus mal. C'est presque ce qui se fait de mieux actuellement. Devant, c'est l'équipe la plus solide du championnat. Ce sera un gros test de caractère. Nous n'avons plus rien à perdre. J'espère que nous allons vraiment montrer que nous sommes une équipe de casse-couilles, et surtout une équipe de copains. »

Pas de projection sur les classements, focus sur Clermont

Laurent Travers vous a parlé de la 8e place au lendemain de l'éviction de Grégory Patat. Est-ce que vous vous fixez des paliers sur les neuf derniers matches ? « En toute honnêteté, pas du tout », répond Segonds. « Là, nous parlons juste de Clermont, pas même du prochain match à Montauban. Cela ne sert à rien de se projeter. Il n'y a rien à calculer. Il faut grandir dans la tête, avoir un bel état d'esprit de week-end en week-end et montrer du caractère. Nous ferons les comptes à la fin. »