Le réveil dans la dernière demi-heure n'a pas suffi : chez de pâles Grenoblois, les Montois ont dû se contenter d'un point de bonus défensif qui n'arrange pas leurs affaires (22-21), vendredi 24 avril. Car Biarritz et Béziers, qui se sont imposés, ont fait un grand pas vers le maintien.
Un scénario redouté
Ils le redoutaient… et le scénario du pire a fini par arriver : d'abord surclassés, avant d'enfin réagir dans la dernière demi-heure de jeu, les Montois n'ont pas pu ramener mieux qu'un point de bonus dans un Stade des Alpes qui ne leur a jamais réussi (22-21). Ce bonus défensif, le premier depuis la 1re journée, aurait pu leur permettre d'envisager un maintien de plus en plus hypothétique. Il n'en est rien. Car dans le même temps, Biarritz s'est offert le bonus offensif contre Colomiers (31-14), alors que Béziers est allé faire un pas de plus vers le maintien en remportant le derby chez des Carcassonnais qui vont officiellement retrouver la Nationale (20-30).
Les grands perdants de la soirée, ce sont les Jaune et Noir. Bien malgré eux. Ces derniers passeront la trêve en position de barragiste, à deux longueurs de l'ASBH (14e) et trois du BO (13e) avant les deux dernières journées. Leur maintien à l'issue de la saison régulière devient plus qu'illusoire : en cas de victoire biterroise face aux Biarrots le 8 mai, et de succès basque contre la lanterne rouge une semaine plus tard, le Stade sera – sauf exploit à Colomiers le 8 mai – condamné à jouer sa survie dans un barrage couperet. Un maintien que les Landais n'ont pas laissé filer ce vendredi. Mais plutôt la semaine précédente, à l'issue d'une prestation affligeante contre Dax. Une fois de plus. Une fois de trop.
Doublé refusé pour De Nardi
Les deux équipes sont en grande difficulté cette saison. Et cela se voit dans un premier acte haché, sans rythme, avec une ribambelle de fautes de main et d'en-avant. « On ne va pas arrêter à chaque action », s'agace monsieur Bru. Mais est-ce aux Stadistes de faire le jeu ? Non, puisque les partenaires de Dupont (qui a remplacé Massé, absent) ont trouvé miraculeusement la faille dès la 2e minute, un essai offert à De Nardi – son 8e de l'année, record en carrière égalé – sur une bourde de Palmier (0-7, 2e). Un début de partie idéal pour permettre à des Stadistes de gagner en confiance. Malheureusement, le doublé de l'arrière est refusé pour un léger en-avant après vidéo (26e). Premier coup dur.
Car en face, si les Grenoblois – qui présentent un groupe rajeuni – restent maladroits, ils prennent peu à peu l'ascendant. La 15e défense de Pro D2 plie, mais ne rompt pas. Jusqu'à ce ballon porté dévastateur conclu sur un essai de pénalité plus carton jaune envers Tuifua (10-7, 31e). Une exclusion aux lourdes conséquences : moins de cinq minutes plus tard, les hommes de l'ex-manager dacquois Jeff Dubois font le break sur un essai en première main converti en bout de ligne par Avogadro (15-7, 35e). Deux franches occasions, deux essais. Des Grenoblois cliniques et qui, pourtant, n'impressionnent pas. Mais ils n'ont pas besoin de plus que ça pour enfoncer les Montois.
Les offrandes de Palmier
Si Palmier est également dans un mauvais jour face aux perches (43e), le FCG continue d'avoir la mainmise de la partie. Et après un nouveau ballon porté, Pozin (qui a suppléé sur le banc Hériteau, malade) permet aux siens de se mettre à l'abri (22-7, 48e). Le point de départ du réveil des Jaune et Noir. Incapables de marquer le moindre point depuis l'essai inaugural, ces derniers repartent à l'abordage. Grâce à l'apport du banc et à la puissance de Goginava, ils parviennent enfin à débloquer leur compteur via leur pilier géorgien pour revenir à trois longueurs du bonus (22-14, 56e). Un faux rythme s'installe, Nguimbous est lui aussi prié de regagner le banc (57e)… mais Palmier, dans tous les mauvais coups, va encore être l'auteur d'une passe suicidaire et décisive pour Dupont (22-21, 64e) ! C'est un miracle, mais le Stade est en vie. Et après de longues minutes passées à défendre sa ligne, il réussit à prendre un septième point à l'extérieur cette saison. Avec davantage de consistance, les joueurs de Mareuil et Briscadieu auraient même pu envisager un exploit dont ils sont privés depuis 15 ans en terres iséroises. Ils ont, en tout cas, prouvé qu'ils n'avaient pas encore totalement lâché. Le problème, c'est qu'il est probablement déjà trop tard.



