Joan Caudullo, le manager du MHR, entre obsession du contrôle et leadership
Joan Caudullo, manager du MHR, entre contrôle et leadership

Ce samedi 27 juin, à l'occasion de la finale du Top 14 entre le Montpellier Hérault Rugby et le Stade Toulousain (21h), Joan Caudullo (44 ans) sera, comme avant chaque match, rasé de près, barbe et cheveux taillés au millimètre. Une routine qui illustre sa méthode : une organisation obsessionnelle, une passion pour la "réunionnite" et un besoin de contrôle qui portent leurs fruits. En deux ans, il a transformé un club qui frôlait la relégation en Pro D2 en finaliste du championnat.

Un leader précoce

"C'est simple. Partout où il va, il se retrouve à gérer. Et ça, depuis toujours", témoigne son frère aîné Nicolas. À 10 ans, Joan organisait des tournois de ping-pong dans son quartier. En minimes au rugby à Jacou, il gérait les déplacements et les compositions d'équipe. En classe, il était délégué. Son frère Benjamin, huit ans son cadet, se souvient : "Sur le jeu 'L'Entraîneur 97', il prenait le FC Le Crès pour gravir les échelons, recruter, progresser. Et il y arrivait."

Un parcours scientifique et sportif

Au lycée, Joan Caudullo suit une filière scientifique. "Il passait son temps à lire L'Équipe, à étudier les classements, à connaître la position de chaque club", ajoute Nicolas. Cette passion pour l'analyse et les statistiques le mène au rugby professionnel. Talonneur de formation, il évolue à Montpellier avant de devenir entraîneur. Son père Serge, 74 ans, ancien médecin généraliste, raconte : "Au collège, la conseillère d'orientation lui demande ce qu'il veut faire plus tard. Il répond 'rugbyman professionnel'. Elle demande une réponse sérieuse. Il répète 'rugbyman professionnel'."

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Un caractère bien trempé

Serge se souvient d'un épisode marquant : "Un entraîneur ne voulait pas le faire jouer contre Béziers. Joan le regarde et lui dit : 'Mon seul adversaire, c'est toi'. Il a été titulaire." Nicolas ajoute : "En cadets, il était surclassé. Les adversaires ont voulu le tester. Ils ne sont plus jamais revenus dans sa zone."

Une rigueur hors du commun

Hors des terrains, cette détermination se manifeste aussi. "En 3e, il fait un stage chez un maçon. Il a tellement bien bossé que le maçon s'est senti obligé de le payer", raconte Serge. Au judo, il obtient la ceinture noire avant 18 ans, en battant en finale une ceinture bleue alors qu'il n'était que ceinture jaune. "Il plie le combat en vingt secondes", se souvient Nicolas.

Un manager qui fédère

Malgré sa rigueur, Joan Caudullo sait aussi amuser la galerie. "Il avait la science de la connerie", plaisante Nicolas. Il est le premier à vanner ses collègues ou les joueurs dans les couloirs du stade. Mais il accorde une immense importance aux liens d'amitié. "Il déteste faire de la peine à quelqu'un", assure son père. Fan de Renaud, il a prénommé sa fille Lola en référence à la chanson "Morgane de toi".

Un objectif pulvérisé

Cette saison, Joan Caudullo avait fixé un objectif de top 6. Il l'a largement dépassé en menant son équipe en finale. "Toute l'année, il a répété qu'il était prêt à signer une feuille pour garantir une sixième place. Une fois l'objectif atteint, on lui a fait signer une feuille. Il a déclaré, hilare : 'Je signe en bas à droite, le plus à droite possible.' Ce qui a créé de la confusion", raconte son père. "Mon père ne m'aurait jamais pardonné deux choses : que je me dope et que je vote extrême droite", a précisé Joan.

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