Les 11 et 12 mai, Istanbul a accueilli le World Decolonization Forum au Centre culturel Atatürk. Le thème officiel, « Décoloniser la production et la circulation des savoirs », est un sujet récurrent dans les départements de sciences sociales des universités françaises. Selon les organisateurs, cet événement visait à remettre en question les hiérarchies épistémiques héritées du colonialisme. Cependant, derrière des intentions louables, ce type de rassemblement tend souvent à s'éloigner de la méthode scientifique pour céder la place à un militantisme douteux.
Un événement sous le patronage de la famille Erdogan
Le forum était porté par l'Institute Social et la fondation NÛN, présidée par Esra Albayrak, fille du président turc Recep Tayyip Erdogan. Cette proximité avec le pouvoir turc a suscité des interrogations sur l'indépendance académique de l'événement. Parmi les participants figuraient des chercheurs, des militants et des figures associatives venus du monde arabe, d'Europe, d'Afrique et d'Asie.
Des intervenants aux profils variés
Le programme comprenait des panels sur la décolonisation des disciplines académiques, des ateliers sur les épistémologies alternatives et des discussions sur le rôle des universités dans la reproduction des inégalités. Un intervenant a déclaré : « Nous devons repenser les fondements mêmes de nos systèmes de connaissance pour inclure des perspectives non occidentales. »
Critiques sur la méthode scientifique
Plusieurs observateurs ont noté que le forum manquait de rigueur scientifique. Les interventions privilégiaient souvent l'engagement militant à l'analyse critique. Selon un chercheur présent, « le débat était trop souvent polarisé, avec une tendance à rejeter en bloc tout ce qui est occidental sans nuance. »
Impact et portée de l'événement
Le World Decolonization Forum a attiré environ 300 participants sur deux jours. Il a permis de créer des réseaux entre militants et universitaires du Sud global. Cependant, son lien avec le gouvernement turc et son approche militante risquent de limiter sa crédibilité auprès des institutions académiques traditionnelles.



