Pentathlon moderne : des transformations radicales pour Coline Flavin
Le pentathlon moderne connaît actuellement des bouleversements significatifs qui redéfinissent la pratique de cette discipline olympique. Deux modifications majeures viennent d'entrer en vigueur, obligeant les athlètes à s'adapter rapidement. Coline Flavin, jeune espoir français de 20 ans et récente championne de France, incarne parfaitement ce défi d'adaptation alors qu'elle aborde le circuit de la Coupe du monde qui débute au Caïre du 8 au 12 avril.
Des changements spectaculaires dans les épreuves
Les transformations les plus visibles concernent deux épreuves phares du pentathlon. Premièrement, la distance de natation en nage libre a été réduite de moitié, passant de 200 à 100 mètres seulement. Deuxièmement, une cinquième phase de tir a été intégrée au sein du laser-run, cette épreuve combinant course et tir laser sur 3.000 mètres. Ces ajustements interviennent après d'autres modifications récentes, comme le remplacement du saut d'obstacles équestre par un parcours de type ninja warrior à pied, et une nouvelle formule pour l'escrime.
L'adaptation délicate de Coline Flavin
Pour la licenciée du Bordeaux Étudiants Club, ces changements représentent un véritable défi technique et mental. « Mon sport a beaucoup changé, en peu de temps, comme aucun autre », confie l'athlète. Concernant la natation, elle avoue : « Passer de 200 à 100m, ça ne m'arrange pas, un 400 aurait été mieux pour moi ! ». Son entraîneur Xavier Cugat, du Creps de Talence, nuance : « Elle a moins un profil de sprinteuse. On avait trouvé une formule d'entraînement qui l'avait bien fait progresser. On va en trouver une autre ».
Lors du championnat de France, Coline Flavin a nagé son premier 100m en compétition en grand bassin en 1 minute 07 secondes. « J'ai mis trop de gestion, je suis partie comme sur un 200m », reconnaît-elle, avant que son coach ne complète : « Elle a mieux su se caler sur le deuxième 50m ». Le temps obtenu correspondait aux performances observées lors du Buda Indoor qui se déroulait simultanément.
Le défi supplémentaire du laser-run
Le laser-run modifié demande également un important travail d'adaptation. « Au moins, ils ont mis le tir supplémentaire au tout début, ça ne change pas la longueur des séquences de courses, 600 mètres entre les quatre autres tirs », note Coline Flavin avec une pointe d'ironie envers la Fédération internationale. « Mais ils auraient été capables ! ».
La difficulté principale réside dans ce premier tir à froid, effectué avant la première séquence de course. « Il faut s'habituer à ce premier tir à froid, quand tu as encore tout le stress, alors qu'avant, le tir arrivait après la première course, on avait évacué la tension », explique l'athlète. Xavier Cugat se souvient des débuts difficiles : « Dès la décision prise, on commençait par du tir à toutes les séances, au début c'était une catastrophe, pour tout le monde ! Mais au championnat de France, ça s'est vraiment très bien passé ».
Les autres transformations du pentathlon
Deux modifications plus anciennes, mises en place après les Jeux de Paris, continuent d'influencer la discipline. Le remplacement du jumping équestre par un parcours d'obstacles à pied de type ninja warrior représente un changement majeur. « À l'obstacle, tout le monde progresse, la hiérarchie peut changer. De nouvelles techniques de franchissement apparaissent, chez les garçons surtout, il faut se tenir à l'affût », observe Coline Flavin.
Pour s'entraîner à cette nouvelle épreuve, le Creps de Talence a rapidement installé du matériel spécifique. Cependant, comme l'explique Xavier Cugat : « Coline Flavin devait monter à l'INSEP pour faire un entraînement complet, une fois tous les deux mois. On va recevoir une cage, qui permet de travailler avec de la vitesse tous les obstacles, rassemblés sur un espace réduit ».
Une nouvelle formule pour l'escrime
La modification de l'épreuve d'escrime, déjà en œuvre l'an passé en Coupe du monde, est saluée par l'entraîneur. « On retrouve un tableau d'escrime classique, avec des duels en cinq touches en une minute, avec priorité au mieux classé. C'est hyperspectaculaire », s'enthousiasme Xavier Cugat. Il illustre son propos : « L'an dernier à Budapest, je perds 4-2 sur la championne olympique Michèle Gulyàs, je reviens à 4-4 en 2 secondes 60 ! ».
Les objectifs de la championne française
Coline Flavin, sixième de la finale de la Coupe du monde l'an passé avec un podium lors de l'étape de Budapest, espère « revivre les mêmes joies » cette saison. Elle anticipe cependant une compétition plus relevée : « Plusieurs filles en pause post-olympique vont revenir, dont peut-être Élodie Clouvel, médaillée d'argent à Paris, qui s'entraîne ». L'athlète garde également en ligne de mire les Championnats du monde prévus en Chine en août 2026.
Ces transformations successives du pentathlon moderne témoignent de l'évolution constante des sports olympiques. Pour Coline Flavin et ses concurrents, l'enjeu consiste à maîtriser ces nouvelles règles tout en maintenant un haut niveau de performance, avec comme horizon les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.



