Mathieu Crépel, de champion olympique à consultant snowboard pour France Télévisions
L'ancien olympien pyrénéen Mathieu Crépel participe actuellement à sa quatrième quinzaine en tant que consultant snowboard pour France Télévisions. Depuis la cabine des commentateurs, l'ex-snowboarder professionnel décrypte avec expertise les épreuves de freestyle aux Jeux olympiques d'hiver de Milano-Cortina, mettant ses connaissances au service des téléspectateurs, y compris les plus novices.
Un parcours impressionnant entre compétition et médias
Double champion du monde en 2007 (en big-air et half-pipe), le quadragénaire tarbais, également habitué des vagues basques, compte deux participations aux Jeux olympiques d'hiver en tant qu'athlète (Turin 2006, Vancouver 2010) et quatre en tant que consultant snowboard sur France Télévisions. Présent sur place à Livigno, on peut l'entendre en direct commenter les épreuves de sa spécialité. Sud Ouest l'a interviewé entre deux sessions de commentaires.
Retour en Italie vingt ans après ses premiers Jeux
« C'est assez fou de se dire que c'était il y a vingt ans. C'est passé hyper vite, mais c'est bien, ça veut dire que la vie a été bien remplie », confie Mathieu Crépel. « Je retrouve l'ambiance, la ferveur des Jeux. Je suis relativement content d'y être en tant que consultant, de ne pas avoir la pression de rider. Je ne me verrais pas avec un dossard… »
L'évolution spectaculaire du snowboard en deux décennies
Interrogé sur les changements dans sa discipline et plus largement au niveau des Jeux, l'ancien champion est catégorique : « Le niveau a explosé. Chaque Olympiade a été un marqueur fort de progression ». Il précise : « En 2006, c'était déjà relativement pro, mais là, rien n'est laissé au hasard. Les grosses nations ont des moyens d'entraînement, plein de coachs, des préparateurs mentaux, physiques. Des choses qu'on n'avait pas forcément ».
Au niveau technique, physique et de l'engagement, « ça n'a rien à voir, ce qui est normal en vingt ans ». L'évolution est notable, notamment concernant l'amplitude des figures. En half-pipe, l'infrastructure a été modifiée : « c'est beaucoup plus gros, le shape est parfait, il y a peu d'imperfections ».
Le défi du consultant : démocratiser sans vulgariser
Mathieu Crépel explique son approche en tant que consultant : « C'est un rôle que j'aime bien, ça me permet de voir du très beau spectacle tout en ayant une place privilégiée, de rester connecté avec mon sport ». Pour lui, « Le challenge en tant que consultant snowboard, c'est de réussir à parler à tout le monde ».
Il détaille : « À la fois de démocratiser, sans trop vulgariser, pour que le grand public puisse comprendre et, en même temps, que les purs snowboarders soient aussi contents d'avoir quelqu'un qui sache de quoi il parle ». Face aux nombreux termes techniques, il s'efforce de « tout décortiquer au maximum dans un temps imparti » et d'expliquer les figures, comme les rotations mesurées en degrés.
Les chances françaises aux JO de Milano-Cortina
Concernant les espoirs de médailles françaises en snowboard, Mathieu Crépel identifie plusieurs athlètes :
- Chloé Trespeuch en snowboard cross, qui a eu l'honneur de brandir le drapeau tricolore lors de la cérémonie d'ouverture
- Romain Allemand en slopestyle, vainqueur de la dernière manche de Coupe du monde avant les Jeux
- Enzo Valax, également en slopestyle
Il tempère cependant : « Après, on est aux JO : le niveau est d'une intensité incroyable. Sur les 30 riders engagés, il y en a au moins 25 qui peuvent prétendre à la finale. Seulement 12 y accèdent. Il va falloir être très solide dans la tête et sur les jambes ».
Perspectives pour les JO 2030 dans les Alpes françaises
Évoquant les Jeux olympiques de 2030 qui se dérouleront dans les Alpes françaises, Mathieu Crépel souligne : « C'est sûr que pour le monde de la montagne en France, c'est un enjeu important ». Il espère que « les instances dirigeantes vont saisir l'opportunité pour booster les infrastructures, mettre un peu plus de moyens sur les conditions d'entraînement et de soutien aux clubs, afin de faire émerger des nouvelles générations ».
Il conclut sur une note d'espoir pour l'avenir du snowboard français : « Romain Allemand sera certainement présent comme un des fers de lance en snowboard mais j'espère qu'il ne sera pas le seul en freestyle ».