Monaco : des cours de sirène uniques à la piscine Saint-Charles avec Sophie Potel
À la piscine Saint-Charles de Monaco, Sophie Potel, ancienne nageuse synchronisée de haut niveau, propose depuis trois ans des cours d'AquaMerMaid et d'AquaDolphin destinés aux enfants dès 6 ans. Une activité ludique et originale, unique dans la région, qui allie univers imaginaire et véritable travail physique aquatique.
Une ancienne championne à l'origine de cette initiative
Derrière cette initiatrice au profil peu ordinaire se cache un parcours aquatique hors-norme. Originaire d'Avignon, cette ancienne professionnelle de natation synchronisée a représenté les équipes de France, nagé sous les projecteurs du Cirque du Soleil, et défendu les couleurs de Monaco en natation synchronisée pendant huit ans — avec notamment un titre de championne de France à son palmarès.
C'est forte de cette expérience qu'elle a imaginé, à son arrivée à la piscine Saint-Charles, une activité à mi-chemin entre le sport et le rêve éveillé. « Je voulais créer quelque chose d'artistique pour les petites filles et les petits garçons, mais sans que ça soit militaire comme la natation synchronisée », explique-t-elle.
Un monde imaginaire avec de vraies exigences physiques
L'AquaMerMaid, et son pendant masculin l'AquaDolphin, s'adresse aux enfants à partir de 6-7 ans sachant déjà nager. Un test d'entrée est requis pour intégrer le groupe : l'activité n'est pas un apprentissage de la natation, mais une spécialisation pour ceux qui maîtrisent déjà les bases.
Une fois dans l'eau, les élèves enfilent une monopalme — queue de sirène aux couleurs chatoyantes pour les filles, queue de dauphin aux teintes plus sobres pour les garçons — lâchent leurs cheveux et plongent dans leur univers. Elles ont même le droit de se maquiller avec des paillettes.
« Elles sont vraiment libres, comme des sirènes. Moi, je leur donne quelques instructions, mais elles sont dans leur monde pendant 45 minutes », sourit Sophie Potel.
Derrière le côté féerique, l'activité cache pourtant une exigence physique réelle. Les muscles abdominaux sont particulièrement sollicités par la propulsion avec la monopalme, et différents mouvements de bras permettent d'effectuer de multiples figures sous-marines.
Des progrès remarquables en apnée
L'un des effets les plus remarquables tient à l'apnée. Sans même en avoir conscience, les enfants passent de longues secondes sous l'eau, attirés par les cerceaux et les jeux proposés au fond du bassin.
« L'objectif à la fin de l'année, c'est qu'elles fassent au moins une longueur sous l'eau sans respirer. Sans même le savoir, sur un cours ludique, je les laisse la plupart du temps sous l'eau », confie l'enseignante.
Un acquis qui dépasse largement les murs de la piscine. « Si demain il arrive un accident à la mer, elles savent tenir leur respiration. Il y a aussi un côté sécurité qu'on n'imagine pas forcément au départ ».
Des témoignages enthousiastes des participantes
Camille, 10 ans, a appris à nager dans cette même piscine lors de cours classiques. Elle ne regrette pas sa reconversion aquatique : « C'est beaucoup plus marrant de nager avec une combinaison de sirène. J'aime bien nager en ondulant et surtout on s'amuse énormément. J'ai l'impression d'être une vraie sirène ».
Son évolution illustre à elle seule la progression que permet l'activité : elle a commencé en tenant la main de Sophie Potel, à peine à l'aise dans le grand bain ; aujourd'hui, elle enchaîne une longueur entière sous l'eau sans respirer.
Victoria, 7 ans, plus récente dans le groupe, est déjà conquise : « J'adore pouvoir nager sous l'eau comme une sirène, passer dans les cerceaux. Et nous pouvons avoir du maquillage avec des paillettes, c'est génial ».
Une activité unique dans la région
Les cours se déroulent le mercredi après-midi sur deux créneaux, avec un maximum de huit enfants par groupe. Le matériel est prêté par la piscine pour les débutants, mais beaucoup finissent par acquérir leur propre équipement.
Trois ans après son lancement, l'AquaMerMaid-Dolphin reste pourtant méconnu. « Dans les écoles, elles ne savent pas que ça existe, et c'est vraiment dommage », regrette son instigatrice, qui affirme que l'activité est la seule du genre proposée dans la région.
Car pour Sophie Potel, l'essentiel tient en une phrase : « L'objectif, c'est qu'elles sortent du cours avec le sourire et qu'elles aient envie de revenir ».



