L'Union Bordeaux-Bègles a fait plier le Leinster (19-41) en l'espace d'une mi-temps ce samedi à San Mamés pour aller décrocher son deuxième titre. Elle entre vraiment dans une autre dimension.
Une domination sans partage
Un an après son premier sacre, l'Union Bordeaux-Bègles revit les mêmes émotions, les mains bien accrochées à cette coupe, la tête dans les étoiles. Porté par une génération dorée, le club girondin inscrit un peu plus son nom dans l'histoire de la Champions Cup en réalisant le doublé coup sur coup, comme Leicester (2001, 2002), le Leinster (2011, 2012), les Saracens (2016-2017) et La Rochelle (2022, 2023) l'ont fait avant lui. Après avoir couru pendant si longtemps après des titres, les Bordelais en décrochent un deuxième en l'espace de douze mois. La première étoile a débloqué quelque chose dans le for intérieur de Maxime Lucu et de ses coéquipiers. Cette deuxième les installe parmi les plus grands et marque une épopée magistrale qui restera gravée à jamais.
Le trophée brille toujours de mille feux. La fête, elle, ne fait que commencer. « On passe d'un invité surprise à quelqu'un qui confirme sa solidité à ce niveau », constate Yannick Bru, le manager bordelais.
Un rouleau-compresseur européen
L'UBB plane toujours sur l'Europe. En signant un 16e succès de rang sur la scène continentale, elle égale le record du Stade Rochelais. Devant ce rouleau-compresseur lancé à pleine vitesse, le Leinster a explosé en une mi-temps ce samedi au stade San Mamés de Bilbao (19-41). Les Irlandais ont enregistré leur cinquième défaite en finale. Les Bordelais, eux, ne laissent plus passer aucune occasion d'ajouter une ligne à leur palmarès. Avec un Maxime Lucu désigné « homme du match » sur ses terres basques et un Louis Bielle-Biarrey meilleur marqueur de la Champions Cup (10 essais) élu « joueur de l'année », la razzia est totale. Les Bordelais ne font plus rire personne. Ils marquent cette compétition de leur empreinte, en porte-drapeaux d'un rugby français qui domine la scène continentale depuis six ans.
Sans suspense
Les Bordelais ont commencé à gentiment savourer leur performance à dix minutes du coup de sifflet final tant il n'y a pas eu de suspense sur cette finale maîtrisée de bout en bout. Maxime Lucu avait déjà le poing levé, Louis Bielle-Biarrey haranguait des tribunes envahies par les supporters bordelais… avant que l'explosion de joie ne soit complète lorsqu'Hugo Reus dégageait le ballon hors des limites du terrain. Quelques minutes plus tard, dans la lumière des flammes de San Mamés, la photo du podium protocolaire ressemblait beaucoup à celle d'il y a un an à Cardiff. Mais entre ces deux clichés similaires, l'UBB n'a fait que renforcer sa force de frappe.
Le chemin était plus compliqué
Ce doublé était pourtant loin d'être une évidence il y a quelques mois. La principale interrogation était de savoir si les Bordelais auraient les épaules assez solides pour assumer ce nouveau statut de champion en titre. Au final, il n'a fait que décupler leur motivation. Au début du mois de décembre, le voyage de tous les dangers en Afrique du Sud et la démonstration lors des retrouvailles avec Northampton ont posé d'entrée les fondations de ce succès et d'un nouveau 20/20 en phase de poules qui a offert l'avantage du terrain jusqu'en demi-finale. Les victoires face à un Stade Toulousain au grand complet en quarts et Bath en demie, sur des matchs très accrochés, ont vraiment montré que cette Union s'était épaissie.
« L'histoire, elle est pour nous. Voir notre évolution, c'est déjà immense », témoigne Maxime Lucu.
Un final en feu d'artifice
Cette épopée magistrale s'est terminée en feu d'artifice ce samedi à Bilbao, avec un total de cinq essais et des leaders au rendez-vous, à l'image de la rage décuplée de Maxime Lucu (14e), du doublé de Louis Bielle-Biarrey (25e, 37e) ou la percussion de Yoram Moefana (40e). Il a aussi mis en lumière des travailleurs de l'ombre qui ont moins l'habitude des projecteurs mais qui ont aussi pesé dans cette épopée, à l'image de Pablo Uberti, auteur du deuxième essai girondin (18e) ou de l'abattage encore énorme de Boris Palu et Pierre Bochaton.
Avec cette deuxième étoile, l'UBB entre clairement dans une autre catégorie. « Je ne sais pas si on change de dimension mais on a tendance à beaucoup banaliser les efforts qu'on fait, témoigne Maxime Lucu. On a traversé des périodes compliquées. Alors enchaîner un deuxième titre pour ce club qui est jeune et qui connaît les phases finales depuis six ou sept ans… L'histoire, elle est pour nous. Voir notre évolution, c'est déjà immense. » La saison prochaine, le club girondin visera un triplé en Champions Cup, que seul le grand RC Toulon a réalisé (2013, 2014, 2015). Ce serait immense. En attendant, les Bordelais ont le droit de savourer.



