À compter de la saison prochaine, les clubs français de Top 14 et de Pro D2 ne pourront plus procéder à douze mais à huit remplacements par match, comme partout ailleurs. Cette décision, annoncée conjointement par la Ligue nationale de rugby (LNR), la Fédération française de rugby (FFR) et les représentants des entraîneurs, joueurs et arbitres, marque un retour en arrière après une expérimentation de six ans.
Une expérimentation sans résultat probant
Depuis 2018, le championnat français autorisait douze remplacements, contre huit dans les autres compétitions professionnelles. Cette mesure, censée mieux préserver la santé des joueurs, « n’a produit aucune amélioration probante », selon la LNR et la FFR. « Nous avons la durée moyenne de match la plus importante au monde et des postes au temps de jeu effectif le plus faible au monde », souligne Mathieu Raynal, responsable de la cellule de haute performance de l’arbitrage français. « Il y a une vraie volonté des entraîneurs d’augmenter le rythme des matchs. Pour ça, il faut agir sur deux paramètres : augmenter le temps de jeu effectif et baisser la durée des matchs. »
Alignement avec les standards internationaux
Ce changement met fin à une incohérence : les managers français pouvaient effectuer douze changements en championnat, mais seulement huit en Champions Cup. Malgré cela, les clubs hexagonaux ont remporté les cinq dernières éditions de la Coupe d’Europe. Cet alignement est aussi une bonne nouvelle pour le sélectionneur Fabien Galthié, qui pourra compter sur des joueurs préparés à jouer plus longtemps, à un an de la Coupe du monde en Australie. Les récentes défaites des Bleus se sont souvent jouées dans les vingt dernières minutes, avec un écart de points défavorable entre la 60e et la 80e minute.
Réactions des acteurs
Malik Hamadache, président de Provale, le syndicat des joueurs, déclare : « Puisque passer de huit à douze changements n’a pas eu de vrai impact sur la santé des joueurs, on est d’accord pour revenir à huit. En revanche, pourquoi ne pas augmenter le nombre de remplaçants sur le banc ? Cela donnerait plus d’options aux managers et permettrait de mieux cibler le coaching selon la physionomie des matchs et la fatigue des joueurs. » Cette option a été envisagée mais finalement pas retenue.
Autres mesures pour accélérer le jeu
La Ligue et la Fédération comptent également demander à World Rugby de réduire le temps accordé pour taper une pénalité et une transformation à 45 secondes, contre 60 secondes actuellement (90 secondes jusqu’en 2023). L’objectif est d’augmenter encore le rythme des matchs.



