Comme chaque semaine de match de la Section Paloise, et avant la rencontre de samedi au Stade Français (14h30), l'ex-pilier sectionniste nous gratifie d'un billet bien senti. « Patat démission ! » Je n'ai pas poussé le vice, je n'ai pas appelé Joel Rey, je me suis juste fendu d'un petit SMS : « Patat démission ! » Un peu d'humour n'a jamais blessé personne, ça aide à avaler les pilules et les suppositoires. J'espère que ça l'a fait sourire, en rire pourrait être pris pour une trahison. Mais c'est plus fort que moi, je n'ai pas leur triomphe modeste, la Peña Baiona à fond dans les enceintes.
Les condoléances chez le boulanger
Comme on brandit un scalp, j'ai été présenter mes condoléances à Bernard, mon boulanger. Pas de nom, au pied de la cote Saint-Martin, en rentrant, vous verrez, ébahis, un drapeau de l'Aviron Bayonnais. « Fiers de nos couleurs », il y a marqué dessus. Il m'a dit bonjour, et déjà, je sentais qu'il me mentait. Mais quand il m'a assuré que notre victoire était méritée, je savais qu'il n'allait pas en rester là. J'ai tout entendu, qu'ils avaient été très mauvais, que certains ne joueraient même pas à Bénéjacq, trop de malades et trop de blessés. Victoire méritée, à peine justifiée, il reste encore quelques matchs, on verra si on vous voit en demi-finale. Entre deux pâtes au levain, il m'avoua que c'était quand même un bon match. J'ai payé mon pain, je n'ai rien dit, j'ai signé le registre des condoléances, je suis parti. On verra si on sera en demie, à jouer dans la moiteur marseillaise. Mais pour ceux qui se rappellent le 3 à 3 contre Auch, sous la neige, il y a des incertitudes plus pénibles à supporter.
Un grand match, pas seulement un bon match
« Le Mont-Saint-Michel ? Calhaus, Maurice, calhaus » racontait à mon père un de ses amis qui s'y connaissait très peu en architecture. Quand tu as entendu ça, que certains aient trouvé ce match juste bon, ça passe. C'est un point de vue que tous les myopes partagent, mais j'ai de bonnes lunettes et un écran plat, j'ai vu plus qu'un bon match. Ici, pas de voûtes en ogive, d'arcs-boutants, ou de vitraux, il y a des cathédrales pour ça. Mais j'ai vu plus qu'un bon match. Et, quand la coupe fut pleine à en déborder, j'aurais pu comparer Gailleton à l'archange Saint-Michel terrassant nos démons, mais il y a des monastères pour ça. J'ai quand même vu plus qu'un bon match. J'ai grandi sur les galets du Gave, je sais reconnaître un caillou, je n'ai jamais confondu les vessies et les lanternes. Je le répéterai à qui voudra m'entendre, c'était un grand match. Mais on n'est pas encore en demie. En demie ou ailleurs, d'ailleurs, parce que tant qu'on n'est pas arrivé on peut toujours se rêver plus grand, à peine un peu plus grandiose.
Un derby parmi d'autres
Ce n'était qu'un match, un de ceux que l'on peut perdre sans tout miser, sans tout perdre dessus. C'était un derby. Samedi s'en est un autre, Canal voit des derbies partout. Un autre match de poule, qu'on pourrait perdre, sans doute, ni regrets, vivement les phases finales… On n'est pas encore en demie, ni en quart non plus, je laisse le doute à ceux qui nous accusent de ne jamais nous qualifier. On n'est plein aux as, c'est le comptable qui l'a dit, on pourrait se passer d'un barrage ici ou ailleurs. Une demie directe, ou alors une sortie de route ? Vive les grands écarts, il y en aura toujours quelques-uns pour rigoler. Honnêtement, vous voulez que je vous dise ? Je me fous pas mal de la suite, parce que comme c'est affiché chez mon boulanger, le plus important, c'est d'être fier de ses couleurs. Surtout quand elles sont vives !



