Super Bowl 2025 : le clash musical entre Bad Bunny et les conservateurs américains
La finale du Super Bowl, événement phare de la National Football League (NFL), opposera cette année les Seahawks de Seattle aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 février. Mais comme chaque année, l'attention mondiale se concentre davantage sur le spectacle de la mi-temps que sur le match lui-même.
La polémique autour de Bad Bunny
Cette année, c'est le chanteur portoricain Bad Bunny qui occupe la tête d'affiche de ce concert majeur, suivi en 2025 par 133,5 millions de téléspectateurs. Ce choix a provoqué la colère de la galaxie Maga, choquée de voir un adversaire déclaré du président Donald Trump occuper cette place prestigieuse. La présence de Green Day, groupe farouchement anti-Trump, pour le concert d'avant-match a également été dénoncée.
La contre-offensive conservatrice
En réponse, l'association conservatrice Turning Point USA, fondée par Charlie Kirk, a dévoilé mardi 3 février la programmation de son propre concert : The All-American Halftime Show. Présenté comme une célébration de « la foi, la famille et la liberté », cet événement alternatif vise explicitement à contrer le spectacle officiel.
Quatre artistes country ont été sélectionnés pour ce contre-concert trumpiste :
- Kid Rock - Le plus connu du quatuor avec 5,1 millions d'auditeurs mensuels sur Spotify
- Brantley Gilbert - Star country avec 2,8 millions d'écoutes mensuelles
- Gabby Barrett - Seule artiste féminine du programme, 3,8 millions d'auditeurs
- Lee Price - Ancien joueur de football américain devenu chanteur country
Des artistes engagés politiquement
Tous ces artistes partagent plusieurs caractéristiques : ils évoluent dans le genre country, traditionnellement américain, et ont affiché leur soutien à Donald Trump lors des élections présidentielles de 2016, 2020 et 2024.
Kid Rock, dont le titre All Summer Long dépasse les 612 millions de streams sur Spotify, a même affirmé avoir conseillé Trump sur des sujets sensibles comme la Corée du Nord. Brantley Gilbert s'est distingué en écrasant une canette de Bud Light sur scène pour protester contre la collaboration de la marque avec une influenceuse transgenre.
Gabby Barrett, qui se présente comme « une mère de trois enfants » et « une femme en relation avec le Christ », a remporté le Billboard Music Awards de la meilleure chanson country en 2021 et a participé à l'illumination de l'arbre de Noël à la Maison-Blanche en 2018.
Un combat inégal
Face à la machine Bad Bunny, qui compte 86 millions d'auditeurs mensuels et trois Grammy Awards (dont celui de l'album de l'année, une première pour un disque chanté en espagnol), les artistes conservateurs reconnaissent leur infériorité numérique. Kid Rock lui-même parle d'aborder ce spectacle « comme David contre Goliath ».
Mais l'objectif est ailleurs : tandis que des millions d'Américains regarderont Bad Bunny sur CBS depuis le Levi's Stadium de Santa Clara, le spectacle alternatif aux relents Maga sera diffusé uniquement sur des plateformes conservatrices (Real America's Voice, TBN…) et sur les réseaux sociaux de Turning Point USA.
Une stratégie de mobilisation
Cet événement vise principalement à souder la base Maga autour de figures qui, aux yeux des trumpistes, représentent « la vraie Amérique ». La question du succès public de ce contre-concert reste secondaire par rapport à son objectif politique et identitaire.
Quant à Bad Bunny, qualifié de « choix déplorable » par Donald Trump, il peut probablement dormir sur ses deux oreilles : avec ses chiffres d'audience et ses récompenses, il ne semble pas menacé par cette concurrence musicale venue de la droite conservatrice américaine.



