Après 28 journées du groupe A de National 2, l'équipe de La Roche-sur-Yon a occupé 16 fois la première place. Elle l'occupe toujours, à deux matchs du terme. Mais les hommes de Frédéric Reculeau sentent à nouveau le souffle des Girondins de Bordeaux dans leur dos. Après avoir compté sept points d'avance le 12 avril, et avoir eu deux opportunités de prendre neuf unités de plus, les Vendéens ont été freinés. Battus à Bayonne (2-0) en match en retard, ils ont enchaîné quatre nuls (Saint-Malo 0-0, Angoulême 1-1, Poitiers 0-0 et Granville 0-0). Gardant un point d'avance à deux journées du terme, l'entraîneur s'est projeté sur la fin de saison auprès de « Sud Ouest ».
Un état d'esprit serein
Interrogé sur son état d'esprit, Reculeau déclare : « On était au taquet depuis le début de la saison, on n'avait pas eu de trou, ce qui fait que l'écart dans le mano a mano avec les Girondins est devenu plus important. Mais malgré notre baisse de régime depuis deux - trois semaines, on est toujours devant. On est toujours debout, avec notre destin entre les mains et autant d'envie. On est un peu moins efficace mais malgré ça, on a un point d'avance. Ce n'est pas énorme, mais ça suffit à l'arrivée. On avait déjà évoqué que ça pourrait aller jusqu'au dernier match, ça sera le cas. On est toujours habité. »
Les jokers et la pression du leader
Le fait d'avoir des jokers a-t-il fait que ses joueurs sont tombés dans le calcul ? « Non. On a subi en pleine face le fait d'être leader et que les équipes en face voulaient faire le match parfait. On a affronté des équipes avec une surmotivation. C'est moins traditionnel en cours de saison mais sur la fin, il y a cette volonté de ne pas subir un revers contre le premier. On a pris des cartons, on a joué souvent à 10. On avait gagné 5-0 et 4-0 nos matchs précédents (Châteaubriant le 28 mars et Saumur le 4 avril) et forcément, nos adversaires ont eu crainte de subir la même chose et ça a instauré un autre rapport de force, avec un peu de fatigue et moins d'efficacité chez nous. Mais on est toujours debout, et c'est le plus important. »
L'absence d'Araujo a pesé
L'absence de l'attaquant Alexis Araujo (9 buts, 3 passes décisives), expulsé contre Bordeaux le 21 mars et suspendu 7 matchs, a-t-elle pesé ? « Forcément sur la durée. Il était un titulaire indiscutable. On a su faire sans lui sur les deux premières rencontres, mais notre semaine à trois matchs (contre Saumur 4-0 le 4 avril, à Bayonne 0-2 le 8 avril, à Saint-Malo 0-0 le 12 avril) nous a fait mal et on en a un peu subi les conséquences. Il y a eu aussi deux - trois autres absences, on n'a pas un groupe pléthorique et on a un peu faibli. »
Un groupe serein et concentré
Reculeau se dit serein et assure que ses joueurs le sont aussi. « Oui. Je l'avais dit : c'est un championnat compliqué, je pensais qu'on serait plus à pouvoir jouer la montée. Bayonne est resté pas loin jusqu'à samedi. On savait que la tâche serait rude car la médiatisation des Girondins complexifie tout. Si c'était un club lambda, on aurait moins de pression et ça aurait peut-être déjà été acté. Nos adversaires sont les Girondins, avec tout ce que ça comporte. Mais quand on prépare les matchs la semaine, on est concentré sur nous-mêmes. On a fait une grosse année, on a été freiné par plusieurs facteurs mais je peux vous assurer qu'on ira au bout de nous-mêmes. Il n'y a pas eu de décompression ou d'un sentiment de se dire que c'était acté. Il y avait une vraie conscience que ce n'était pas fini. »
Des ajustements tactiques
Quand on est entraîneur et que l'équipe ne parvient plus à gagner, on change quelque chose ou on appuie sur ce qui a fonctionné durant 22 journées ? « À Granville samedi, on a aligné deux attaquants axiaux, ce qui changeait de notre système habituel. Mais on est tombé sur un bloc très bas, très costaud avec peu d'espaces. On aurait pu payer cash aussi en contre si notre gardien n'avait pas fait les deux arrêts qu'il fallait. On s'est installé chez eux mais on n'a pas trouvé l'efficacité. On a nos principes, ça sourit moins mais on va continuer à travailler. Il faut qu'on retrouve un élan. Le retour d'Alexis (Araujo) va faire du bien, Evan Morel qui est entré samedi aura un match dans les jambes, on retrouvera Jason Buaillon lors de la dernière journée. On va retrouver des forces que l'on connaît. »
Les adversaires sans enjeu
Reculeau aborde également la question des adversaires des Girondins, qui n'ont plus rien à jouer. « Pour les adversaires des Girondins (Les Herbiers le 9 mai et Avranches le 16 mai), il se passera ce qu'il se passera. On va préparer la rencontre contre Chauray sérieusement. Ils ont dans une spirale très positive. Forcément c'est une inconnue : les dernières semaines, on a affronté des formations à la lutte pour le maintien et on a vu la complexité. Mais autant ne pas se fier à l'inconnue, donc on se concentre sur notre état d'esprit. Il reste deux matchs pour aller chercher quelque chose, on est conscient qu'on doit faire mieux que les dernières semaines. »
Les anciens joueurs font mal
Vos deux ex-joueurs Guillaume Odru et Matthieu Villette ont marqué samedi à Bayonne pour les Girondins (1-2) et leur retour a changé la dynamique de l'équipe. Ça fait mal ? « Ils font chier ces deux-là (rires) ! Il y a des clins d'œil sympas, celui-ci l'est un peu moins pour nous. Mais ça conforte le fait qu'on a des joueurs de qualité chez nous. »



