Le groupe français le plus frais du punk et du metal réunis ? Ne cherchez pas : Pogo Car Crash Control ! Auteur de quatre albums explosifs, le quatuor francilien l’est encore plus sur scène. Avant son passage au Languederock, à Béziers, le point avec sa bassiste virtuose, Lola Frichet.
Un nom improbable mais fédérateur
Commençons par une question de la plus haute importance : mais d’où sortez-vous ce nom pas possible ? « C’est le frère d’Olivier Pernot, notre chanteur, qui avait sur son ordi un fichier rempli de noms de groupe qu’il avait inventés comme ça, pour le plaisir. Et quand Olivier a monté le groupe avec son pote Louis Péchinot, il l’a annoncé en rentrant chez lui à son frère qui lui a dit qu’il devrait l’appeler Pogo Car Crash Control… Donc il n’y a pas tant d’histoire derrière ce nom, juste un feeling ! »
« J’avoue, quand on ne le connaît pas, il n’est pas facile à prononcer, même mon père se trompe encore parfois ! Notre nom prend toute la place sur nos affiches, ça nous fait bien rigoler. Un peu façon Red Hot Chili Peppers. Mais vous pouvez nous appeler P3C si vous n’avez pas la foi pour le dire en entier ! »
Un style inclassable revendiqué
Punk ? Metal ? Indie rock ? Vous êtes difficiles à classer… ça ne doit pas être pour vous déplaire, non ? « C’est vrai qu’on emprunte à beaucoup de styles. Mais parce qu’on aime beaucoup de styles ! De toute façon, les gens ne sont plus aussi stricts dans leurs goûts musicaux aujourd’hui. Notre spectre est assez large, pas facile à classer, j’avoue. Certains de nos disques sont plus punk, d’autres plus metal, le dernier, on trouve que c’est un peu un disque de grunge. On continue donc comme ça, à tracer notre route… en semant ceux qui veulent nous enfermer dans une case… et c’est tant mieux ! »
Un nouvel album entre influences 90's et 2000's
Pour ce qui est de votre nouvel album, “Negative skills”, c’est moins un style qu’une époque du rock qui pourrait le définir : du milieu des années 1990 à celui des années 2000… « Oui, c’est vrai ! Mais c’est ce qu’il y a de bien dans un groupe : on se sert des références des uns et des autres. Certains vont par exemple être super sensibles au punk hardcore quand d’autres vont préférer le rock de The Cure. On ne veut pas se mettre de barrière. Quand quelqu’un a une bonne idée, on ne se demande pas si c’est trop ceci ou cela ; si c’est bon, on garde. Après, quand on a tous les morceaux, on fait tout de même attention à la cohérence de l’ensemble, au niveau du son et du propos. »
Après deux albums produits par Francis Caste, vous avez enregistré le nouveau avec Jon Markson à New York… « On aime beaucoup Francis mais on n’avait pas envie de refaire encore et toujours le même album. Quand ton son change, quand tes envies évoluent, c’est important, je trouve, de trouver les bonnes personnes pour en rendre compte. Cette personne, c’était Jon, cette fois. Bien qu’il nous fallait aller aux États-Unis ; ce qui est pour un groupe comme le nôtre, qui s’auto-manage, toute une affaire à monter ! Mais on est fier du résultat. »
Un album aux humeurs modulées
Après des albums bien vénères, celui-ci nous semble moduler plus ses humeurs… « C’est marrant, vous n’êtes pas le premier à nous le dire. Pourtant, sur le précédent, il y avait un morceau comme Cristaux liquides qui déjà était plus doux et accessible, avec des guitares à la Cure… Je pense que c’est parce que sur le nouveau, il y a un titre que nous avons assumé comme une ballade. Comme quoi, un morceau peut suffire à faire basculer la vision que l’on a d’un projet ! »
Le son nous semble plus spacieux, si bien qu’on trouve plus facilement sa place dans le mosh pit ! « Ah ? Eh bien tant mieux ! S’il y a des points d’accès plus évidents, ça nous va aussi. On ne s’est jamais dit qu’on faisait un album plus accessible, même si on a vu que certains titres avaient un petit côté plus pop. Mais ce n’est pas que nos compos, c’est aussi le son à l’américaine, beaucoup plus produit. »
Français et anglais mêlés pour la première fois
Vous mélangez français et anglais pour la première fois… « Quand Simon et Olivier commencent à maquetter des morceaux, ils chantent en “yaourt” par-dessus. En faux anglais, quoi ! Mais cette fois, c’est arrivé qu’on reste bloqué sur le fait que ça sonnait super bien comme ça. À force de bosser sur ces morceaux, on a fini par se dire que ça vaudrait le coup d’essayer l’anglais, le vrai. Mais on l’a beaucoup travaillé en amont, parce qu’on ne voulait pas avoir un accent pourri, ni faire des fautes. Au final, il y a du français et de l’anglais, et parfois, on mixe les deux. Certains nous ont dit être un peu tristes de ça, mais nous, on écoute autant de musiques en français qu’en anglais, et on suit nos envies, on ne s’interdit rien. »
N’y aurait-il pas là aussi un peu l’idée d’aller conquérir l’Amérique ? « Ce n’est pas facile d’aller aux États-Unis, notamment parce que les visas sont très chers. Mais on sait qu’on y est un peu diffusés dans le nord du pays, vu qu’on tourne au Canada et qu’on y a un label… Ça serait le rêve mais si on l’envisage, faudra être un peu stratégique ! Pour l’instant, on se concentre sur notre tournée. »
Une énergie scénique débordante
On a rarement vu un groupe s’éclater autant sur scène ! « C’est vrai qu’on s’éclate bien. Après, nous, on adore tous aller des concerts, on a une bonne culture live. Pour nous, c’est l’endroit de la fête, de la communion avec le public, qui n’est pas pour rien dans le show ! C’est vrai que les gens nous trouvent sympathiques en live, disent que ça sonne bien, ils s’amusent à nos concerts… Mais bon, quand on se fait par exemple un Paris-Montpellier, qu’on met des heures à descendre, autant passer à l’arrivée un super moment avec tout le monde. Parce que c’est tellement d’engagement, de temps, de fatigue… S’il n’y a pas d’envie, ça ne sert à rien. Donc nous, c’est vrai qu’on est assez à fond ! »
PS : on pourra ensuite retrouver Pogo Car Crash Control en tête d’affiche à Paloma, à Nîmes, le jeudi 20 novembre, à 21 h 30, avec aussi Grandma’s Ashes.



