Peyrehorade vise les quarts : Jean-Louis Bareigts, 30 ans de passion
Peyrehorade en phases finales, le président Bareigts raconte

Peyrehorade est à nouveau en phases finales et peut raisonnablement entrevoir une qualification pour les quarts de finale ce dimanche (15 heures) après sa victoire à l'aller à Tours (18-21). Jean-Louis Bareigts, à la tête du club depuis 1996, espère le meilleur mais ce qui l'intéresse avant tout, c'est l'aventure humaine.

Un président pas comme les autres

Jean-Louis Bareigts, 68 ans, est président de Peyrehorade depuis 30 ans. Son grave accident du rugby à 22 ans l'a profondément meurtri dans sa chair, mais il n'a en rien entamé sa passion pour son sport. Son leitmotiv est immuable : c'est le futur qui l'intéresse. Nous lui avons quand même demandé de revenir sur son histoire peu commune et d'évoquer le présent.

Des résultats sportifs en hausse

Avec des résultats sportifs en hausse d'année en année, la montée en Nationale 2 est-elle devenue une priorité ? « On est arrivé en quarts l'an passé, on a terminé premier de notre poule : il n'est donc pas saugrenu d'évoquer la montée en Nationale 2. Mais on en parle peu, ce qui nous intéresse c'est de vivre une nouvelle fois des phases finales. Pendant que notre équipe fanion disputera son huitième de finale retour contre Tours, nos Espoirs joueront leur quart contre Nafarroa. »

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« Si on devait monter, on ne changera pas grand-chose. On a un bon groupe, on le gardera. On restera un club amateur, avec des joueurs qui ont un métier ou suivent une formation. Il y aurait forcément une augmentation de budget, ne serait-ce que pour les déplacements qui seront plus lointains, mais c'est difficile d'anticiper car il faut connaître la composition de la poule. »

Trente ans de présence à la tête du club

Trente ans de présence à la tête du club, vous ne devez pas être nombreux à avoir une telle longévité ? « C'est vrai. Mais à 29 ans, il y a mon ami, le président de Mauléon Beñat Quéheille, et à 34-35 ans, il y a Christian Millette d'Aurillac et Vincent Merling de La Rochelle, que j'ai eu le bonheur de croiser au milieu des années 1990 quand nous étions en première division. »

Ceci dit, 30 ans ça doit être usant... Pas de problème de décompensation ? « Ça peut paraître long, et peut-être que certains trouvent que ça l'est... Mais non, ça se passe bien parce que j'ai une chance : je n'ai jamais été seul. J'ai toujours été accompagné de coprésidents : François Coulinet pour commencer, Julien Pédelucq ensuite, Thierry Ladonne et François Lafitte aujourd'hui. Je suis aussi entouré de fidèles serviteurs du club, de grands entraîneurs, beaucoup de belles personnes, très enrichissantes pour moi. »

Un parcours marqué par un accident

Au départ, pourtant, rien ne vous prédestinait à cette fonction ? « On ne naît pas président ! Comme beaucoup, j'ai été joueur, mais pas longtemps. J'ai débuté sur le tard, à 16 ans, et j'ai arrêté tôt, à 22 ans, fauché par un accident sur le terrain d'Orthez qui aurait pu me laisser paralysé. Je m'étais donné pour objectif de remarcher, et voilà, je suis debout... J'ai dû abandonner la vie d'agriculteur qui m'était promise mais j'ai eu le bonheur de mener une carrière dans l'administration, qui a été très enrichissante à travers les nombreux contacts avec les administrés et les élus. »

« Pour la petite histoire, le match à Orthez aurait dû être annulé tant les conditions étaient dantesques (pluie, orage, grêle) et je n'avais été mis sur la feuille de match qu'au tout dernier moment. »

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Le secret de la réussite de Peyrehorade

Malgré la faible densité de population locale, Peyrehorade évolue à un niveau élevé. Comment vous y prenez-vous ? « Peyrehorade a toujours été attractif, notamment grâce à ses éducateurs et son excellente formation, avec en point d'orgue l'école de rugby, créée par Gaston Dubois, avec un concept novateur à l'époque. Dimanche dernier, la moitié des joueurs couchés sur la feuille de match ont été formés au club. Nous sommes aussi un club ouvert, et surtout attirant. Les joueurs de l'extérieur viennent chez nous pour chercher un niveau, la Fédérale 1, et un état d'esprit. Et ils s'intègrent facilement. On a dans l'équipe fanion des joueurs venus de deux divisions en dessous, qui ont percé dès leur première saison. Je pense que ça s'explique par le fait qu'ils arrivent dans un groupe qui est performant et a des qualités. Ils font aussi les efforts nécessaires pour s'imposer. »

Le match retour Peyrehorade - Tours aura lieu ce dimanche 10 mai à 15 heures au stade Joseph-Dabadie. Le groupe de Peyrehorade : Minaberrigary, Lebonnec, Douet, Itoïz, Lagraula, Prudence, Grugier, Pakihivatau, Duvigneau, Tissier, Descamps, Sallaberry, Saint-Cristau, Tollis, Belleret, Lamaison, Tastet, Doussy, Barbe, Lahillade, Pinaquy, Ladevie, Badiolle, J. et T. Discazeaux.