Deux organisations non gouvernementales, Human Rights Watch et le Centre pour les droits constitutionnels, ont publié un rapport conjoint le 25 juin 2026, affirmant que la mortalité parmi les personnes détenues par l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) a atteint son niveau le plus élevé en 2025, avec 38 décès recensés. Ce chiffre représente une augmentation de 36 % par rapport à l'année précédente, où 28 décès avaient été enregistrés.
Des causes multiples et un manque de transparence
Selon le rapport, les causes de décès incluent des problèmes médicaux non traités, des suicides et des violences entre détenus. Les ONG soulignent que les centres de détention d'ICE souffrent de sous-effectif médical et de conditions de détention dégradantes. "Ces décès auraient pu être évités si les autorités avaient respecté les normes minimales de soins", a déclaré John Raphling, chercheur principal à Human Rights Watch.
Le rapport note également que les données officielles d'ICE sont incomplètes, ce qui rend difficile une évaluation précise de la situation. Les ONG ont dû compiler des informations à partir de sources publiques, de témoignages d'anciens détenus et de documents internes.
La réponse de l'administration Trump
L'administration Trump a fermement rejeté les conclusions du rapport. Dans un communiqué, le porte-parole d'ICE, Matthew Bourke, a déclaré : "Ces chiffres sont inexacts et trompeurs. Notre agence suit des protocoles stricts pour assurer la santé et la sécurité des détenus. Le taux de mortalité dans nos installations est inférieur à celui de la population carcérale générale."
Le ministère de la Sécurité intérieure a également contesté la méthodologie des ONG, affirmant que les décès survenus dans les hôpitaux ou lors de tentatives d'évasion ne devraient pas être comptabilisés comme des décès en détention.
Un contexte politique tendu
Cette controverse intervient alors que l'administration Trump intensifie sa politique d'immigration restrictive. Depuis le début de son second mandat en 2025, le nombre de personnes détenues par ICE a augmenté de 15 %, atteignant environ 45 000 personnes par jour en moyenne. Les critiques accusent le gouvernement de sacrifier les droits humains au nom de la sécurité des frontières.
Des élus démocrates ont appelé à une enquête indépendante du Congrès. La sénatrice Elizabeth Warren a tweeté : "Chaque vie perdue sous la garde d'ICE est une tragédie. Nous devons exiger des comptes et des réformes immédiates."
Des recommandations pour l'avenir
Les ONG recommandent plusieurs mesures, notamment la réduction du recours à la détention, l'amélioration de l'accès aux soins médicaux et la création d'un mécanisme de surveillance indépendant. Elles appellent également à la publication régulière de données transparentes sur les décès en détention.
Selon le rapport, sur les 38 décès de 2025, 12 étaient dus à des maladies chroniques non traitées, 10 à des suicides, 8 à des overdoses, 6 à des violences, et 2 à des causes non déterminées. La majorité des victimes étaient des hommes âgés de 30 à 50 ans, originaires d'Amérique centrale et du Mexique.



