Le lion est resté en cage. Corrigé par le FC Barcelone en finale de la Ligue des champions féminine ce samedi (4-0), OL Lyonnes piétine. Le club rhodanien pensait avoir franchi un nouveau cap en modifiant à peu près tout dans son organisation l’été dernier. Il faudra faire plus pour espérer retrouver un trophée qui leur échappe depuis 2022.
Des larmes à Oslo
Avant même de penser à reconquérir l’Europe, l’OL devra d’abord panser ses plaies. Car les larmes ont coulé à Oslo, en Norvège. Déjà parce que les joueuses de Jonatan Giráldez, écœurées par la gardienne espagnole Cata Coll, ont livré une copie loin d’être aussi désastreuse que le laisse penser le tableau d’affichage au coup de sifflet final. Également parce qu’il s’agissait de la dernière apparition européenne sous le maillot de Lyon de Lindsey Heaps, dont le but refusé pour une position de hors-jeu en début de match aurait pu faire basculer la rencontre.
Mais aussi parce que le rêve de sa star norvégienne Ada Hegerberg de remporter la Coupe d’Europe dans son pays s’est éteint au fil de la rencontre. « C’est dur. Dur d’avoir concédé quatre buts, ça ne reflète pas le match. On aurait espéré faire mieux. Il faut accepter le résultat et garder la tête haute. On y était presque par moments, sans vraiment y être. On était bien dans le match. Il y a des moments où on les a mises sous pression. C’est cruel, c’est la vie du football », a-t-elle amèrement réagi au micro de La Chaîne L’Équipe.
L’OL cède son trône à Barcelone
« Il y a de la déception, abonde la latérale française Selma Bacha. On a fait une très bonne première mi-temps et, en deuxième, elles ont été efficaces. Elles nous ont tuées. Le 4-0 en finale fait mal, mais je reste fière de l’équipe. Je sais qu’on va rebondir. »
Sacré une quatrième fois en cinq ans dans la compétition, le FC Barcelone confirme son statut de nouvelle référence. Une nouvelle victoire qui en dit long sur la transmission de la couronne du football européen, un temps possédée par le club rhodanien et désormais dans les mains des Barcelonaises.
Longtemps, OL Lyonnes avait donné l’impression que gagner la Ligue des champions relevait presque de la routine, notamment avec cinq sacres d’affilée entre 2016 et 2020. La suprématie appartient désormais aux Blaugrana qui disputaient ce vendredi une sixième finale de rang, du jamais-vu dans l’histoire de la compétition.
« C’est dur de recréer le succès »
Porté par une génération exceptionnelle incarnée par Aitana Bonmatí et la triple Ballon d’or Alexia Putellas, le Barça s’est progressivement imposé comme la nouvelle référence du football féminin. Notamment grâce à une stabilité collective et une identité de jeu qui rappelle par moments l’hégémonie exercée par l’OL durant les années 2010.
Pour Lyon, l’avenir semble tout de même s’éclaircir. Wendie Renard et ses coéquipières, qui auront un 19e titre de championnes de France à décrocher contre le Paris FC le 29 mai, ont les clés en main pour accéder de nouveau au sommet du football féminin. Avec une présidente extrêmement ambitieuse, un entraîneur expérimenté et un effectif renouvelé, OL Lyonnes pourrait rapidement revivre de belles soirées européennes.
« Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est dur de recréer le succès. À l’époque, on rendait presque facile le fait de gagner cinq Ligues des champions d’affilée », avait soufflé Ada Hegerberg cette semaine. Malgré la lourdeur du score, le parcours des Rhodaniennes rappelle que le club est encore capable de rivaliser au sommet du football européen. Le lion n’est pas mort.



