OGC Nice : une avance fragile avant le sprint final
Avec cinq points d'avance sur le barragiste, l'OGC Nice n'est pas encore totalement sorti d'affaire. Invaincus depuis quatre matchs pour la première fois de la saison après le nul ramené dimanche du Vélodrome (1-1), les Aiglons ont été trop friables techniquement et dans les airs à Marseille pour s'estimer sereins à trois journées de la fin du championnat.
Une dynamique encourageante mais des doutes persistants
Cinq points d'avance sur le barragiste avec une finale de Coupe de France à jouer, c'est exactement la situation dans laquelle était Reims la saison passée à trois journées de la fin. On connaît la suite... Les Aiglons ne méritent pas pareil destin au vu de la dynamique actuelle mais le précédent rappelle que rien n'est encore fait pour l'équipe de Claude Puel. Rassuré défensivement depuis le déplacement à Lille, le Gym était néanmoins trop fragile techniquement pour donner encore plus de fil à retordre à un OM crispé dans la créativité.
« On y est dans le combat, un peu moins dans le jeu, a reconnu Jonathan Clauss, l'autre ex-Marseillais qui a fait du mal à l'OM en obtenant le penalty pour Wahi. On avait par séquence fait de bonnes choses à Lille et à Strasbourg, en revanche on ne s'est pas donné la possibilité de ressortir nos ballons comme on aurait voulu le faire ce soir (dimanche). On a extrêmement subi et c'est dommage parce qu'on aurait pu leur faire plus mal à certains moments. »
Les faiblesses aériennes, un problème récurrent
« C'est à nous aussi parfois de prendre les choses en main, a ajouté l'ancien international français, coupable sur l'ouverture du score marseillaise d'avoir trop naïvement laissé passer Hojbjerg devant lui. Comme à Strasbourg en championnat, Clauss a manqué de communication avec Mendy, qui a lui-même commis une faute de placement sur le centre. Deux erreurs qui cristallisent toutes les difficultés niçoises dans le jeu aérien, secteur le plus défaillant défensivement. L'OGC Nice a encaissé à Marseille son neuvième but de la tête en Ligue 1 cette saison, plus que toute autre équipe, alors que les Niçois étaient la formation qui en concédait le moins de la sorte lors de l'exercice précédent (4, comme Brest).
C'est d'autant plus dommageable que dans les duels et le combat au sol, les Rouge et Noir ont eu du répondant face à des Olympiens impliqués dans l'engagement à défaut d'être brillants balle au pied. « On est parfois sur un fil et tant mieux parce qu'on montre qu'on est aussi capable de faire ça, positive Clauss avant la réception du dauphin lensois qui s'annonce tout aussi ardue samedi. Mais il faut qu'on propose beaucoup plus de courses à la récupération des ballons, beaucoup plus de mouvements. J'ai parfois l'impression qu'on laisse le porteur de balle trop esseulé, en espérant que chacun fasse une petite différence. Alors que le mouvement que nous mettons tous ensemble défensivement, il faut qu'on le bonifie offensivement aussi. »
Elye Wahi, le sauveur providentiel
Bonifier, c'est le taf d'Elye Wahi depuis son arrivée en janvier. Sa 7e réalisation sous le maillot niçois, en 15 apparitions seulement, tourne en boucle sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir tant la Panenka est belle et cruelle pour des Marseillais qui ont essayé de le sortir du match toute la soirée, comme Medhi Benatia l'avait violemment exfiltré de l'OM au bout de quelques mois. « C'était dur, je ne pensais pas qu'il vivrait un match comme ça. Je connais les deux qu'il avait sur le dos, ce n'est pas évident parce que c'est sans cesse, sans cesse, sans cesse la même chose, a témoigné Clauss à l'égard de Balerdi, son ex-coéquipier à l'OM, et Medina qu'il a côtoyé à Lens. Son carton jaune, il fallait s'y attendre, à un moment donné vous ne pouvez pas rester à juste subir ça pendant 90 minutes. À la mi-temps, je lui ai dit reste calme, ne tombe pas là-dedans, et à la fin c'est toi qui vas planter. Ce sera ta plus grande victoire. »
Rulli, le troisième Argentin aussi, a mis un genou à terre. Les amoureux du Gym ont, eux, vérifié que la détermination annoncée du buteur prêté par Francfort n'était pas des paroles en l'air. Le voir maltraiter son autre ex, Lens, samedi en L1 et le 22 mai en Coupe leur donne espoir dans un doublé fou vu la saison difficile : être en Ligue 1 et européen la saison prochaine. Avec lui ? Ce sera l'un des dossiers à la charge de Grégory Lorenzi puisque, selon nos informations, le futur ex-directeur sportif brestois a acté sa destination. Le club azuréen a deux conditions à remplir : son maintien en Ligue 1 et négocier les indemnités de fin de contrat de Florian Maurice.



