Les demi-finales du Top 14 de rugby opposeront Montpellier au Stade Français, un choc dominé par le duel des meilleures mêlées du championnat. Porté par 79 pénalités obtenues cette saison, le club parisien défie l’efficace pack héraultais pour une place en finale. L’enjeu s’annonce décisif.
Un adage qui perdure : "No scrum, no win"
Les années passent, le rugby évolue mais un adage ne change jamais : "No scrum, no win". Pas de mêlée, pas de victoire. Coïncidence ou pas, les quatre équipes qualifiées pour les demi-finales (Toulouse, Racing 92, Stade Français, Montpellier) sont peut-être les meilleures dans l’exercice de force. Chacune, aujourd’hui, a un spécialiste dans le domaine. C’est même obligatoire. Pour la demie MHR-Stade Français, le choc des deux monstres à seize pattes sera particulièrement scruté. Dans le milieu, ils sont considérés comme les plus terrifiants du Top 14.
Un duel à distance entre experts
Il y aura d’ailleurs un petit match à distance entre les deux Monsieur Mêlée. D’un côté, l’Anglo-Catalan Perry Freshwater, débauché de Perpignan l’été dernier par le club parisien. De l’autre, Didier Bès, en poste depuis automne 2023 et considéré comme une référence.
Les chiffres parlent pour le Stade Français
Avec 79 pénalités obtenues en mêlée, le Stade Français est de loin l’équipe qui a bénéficié du plus de coups de sifflet en sa faveur en Top 14. Le deuxième est… Montpellier, avec 51 coups de sifflet. Les Parisiens ont également gagné 40 mêlées adverses cette saison, personne ne fait mieux. Montpellier les talonne avec 37 mêlées adverses gagnées. Au total, le Stade Français a gagné 140 mêlées depuis le début de saison, loin devant les Montpelliérains (111). Mais le MHR a un meilleur ratio de mêlées gagnées (81,62 %) que le Stade Français (80 %).
"Tant mieux, ça nous va très bien qu’on pense que le Stade Français a la meilleure mêlée", souffle un membre du staff montpelliérain. Le pack parisien l’a encore montré contre La Rochelle, en barrages, avec trois ballons récupérés.
Montpellier a aussi prouvé sa domination
Montpellier a prouvé sa domination dans le domaine ces dernières semaines : six pénalités obtenues contre Pau (26-18) lors de la 25e journée, cinq contre Lyon (25-28) le week-end suivant. Ces onze pénalités ont clairement permis au club héraultais de remporter ces bras de fer et d’aller chercher la deuxième place du championnat. Joan Caudullo voulait faire de la mêlée une force à son arrivée en juin 2024. Depuis deux ans, c’est devenu une référence.
Comment Montpellier a bâti cette force
La concurrence interne est un élément clé. "Tous les gros clubs ont trois potentiels N°1 à chaque poste. Nous, c’est dur de choisir. Celui qui est hors groupe râle un peu, mais c’est aussi ce qu’on recherche. Il faut en faire une arme, ça permet de hausser le niveau", confie Didier Bès. La première ligne Forletta-Uelese-Hounkpatin est aujourd’hui interchangeable avec Erdocio-Tolofua-Haouas, voire avec Welsch-Akrab-Japaridze. "La qualité des joueurs, c’est quand même la base".
"Ce qui fait de nous une grande mêlée, c’est notre capacité à se remettre en question. Ensuite, on met en place des thématiques aux entraînements, on décortique la mêlée avec les analystes vidéo, Didier nous fait bosser fort sur les fondamentaux et il n’oublie jamais la donnée de l’adversaire, de l’arbitre, avec des analyses précises. Un talonneur comme Jordan (Uelese) ou Lyam (Akrab), ce n’est pas pareil, c’est pris en compte", explique Christopher Tolofua, considéré comme un des meilleurs talonneurs de mêlée du monde.
L’intérêt que portent les joueurs est aussi primordial. "La mêlée, ce n’est pas juste se rentrer dedans. Il y a une vraie expertise avec énormément de critères et de datas à prendre en compte. C’est important que nous, les joueurs, on fasse la démarche de se prendre en main, pas attendre que le coach nous apporte tout sur un plateau", ajoute Tolofua.
Préparation minutieuse et enjeux
Samedi, les deux paquets d’avants ont décortiqué chaque mouvement de l’adversaire. Les deux staffs ont eu droit à des réunions avec l’arbitre pour cibler des gestes précis. Ludovic Cayre, l’arbitre de la rencontre, va avoir du boulot. Paris, de son côté, devra faire sans son Géorgien Giorgi Melikidze, élu meilleur pilier droit de la saison régulière, et va devoir s’adapter. Ça promet.



