Enfant du SUA, l’ailier ou arrière disputera ce vendredi (19 heures), face à Soyaux-Angoulême, son dernier match à Armandie. En espérant ne pas être submergé par l’émotion, il se prépare à vivre « un beau moment ».
Une carrière dédiée à son club de cœur
Son nom reste forcément indissociable du SU Agen. Mais en deux décennies dans son « club de cœur », il s’est aussi fait un prénom. Et c’est certainement ce dont il peut être le plus fier à l’heure de « tourner une grosse page ». À 33 ans, Loris Tolot a choisi sa sortie. Dès janvier dernier, l’ailier ou arrière avait annoncé vouloir mettre un terme à sa carrière professionnelle à l’issue de cette saison, sa dix-neuvième avec le maillot du SUA.
Il disputera ce vendredi, face à Soyaux-Angoulême, son 140e match en équipe fanion, le dernier sur la pelouse encore naturelle d’Armandie. Sans regret. « Je considère que j’ai fait mon temps ici et que c’est le bon moment pour passer à autre chose. J’ai pris beaucoup de plaisir durant toutes ces années et je n’ai pas envie de continuer pour de mauvaises raisons, en étant moins en forme ou blessé. Je suis très content de ce que j’ai fait ici et d’arrêter cette année. Je n’ai aucun regret. »
Des années de fidélité et d’émotions
Sauf peut-être celui de ne pas finir sur des phases finales. « C’est forcément une déception. Ça aurait été magnifique de finir ainsi. Mais on a quand même fait une belle saison, on y a cru jusqu’au bout et on a pris du plaisir, avec un fond de jeu agréable à pratiquer. »
Excepté deux saisons à Montauban (2015-2017), où il a disputé la finale d’accession de Pro D2 en 2017 dans « le mauvais camp », Loris Tolot aura fait toute sa carrière en bleu et blanc. Sans jamais avoir vraiment eu envie de voir si l’herbe était plus verte ailleurs. « Ça ne m’a jamais trop traversé l’esprit. Quand on joue pour son club de cœur, ce n’est quand même pas pareil. Je l’ai vu en allant à Montauban. J’y ai passé deux très belles saisons, mais c’est différent. On a beau dire que c’est le rugby pro, ce n’est pas pareil une fois qu’on est parti. Quand c’est le club et la ville qu’on aime, les émotions sont décuplées. »
« Ce qu’on appelle les joueurs de club, ça se perd un petit peu. Moi, je n’ai jamais vraiment eu l’intention de partir »
Sous le maillot du SUA, Loris Tolot n’a donc pas eu de titre, mais il a connu le Top 14 et la fierté d’évoluer aux côtés de son frère jumeau Lucas et de son cousin Paul Abadie. « C’était à Vannes, sur le dernier match de la saison 2017-2018 contre le Racing 92 [NDLR : défaite 42-13 le 5 mai 2018]. C’était une sorte d’accomplissement, clairement un rêve de gosse qui se réalisait. » Et il a prolongé seul le plaisir. « Ça a toujours été mon objectif de jouer à Agen, ça m’allait très bien. C’est vrai que ce qu’on appelle les joueurs de club, ça se perd un petit peu. Moi, je n’ai jamais vraiment eu l’intention de partir. »
Les moments difficiles et la passion intacte
Marqué forcément par la série record de 36 défaites consécutives, avec une saison vierge de victoire en Top 14, Loris Tolot a toujours eu foi en son club : « J’ai encore plus mal vécu les premiers mois suivants en Pro D2 où on perd les sept premiers matchs. C’était très dur à vivre, encore plus quand tu es attaché au club. J’avais l’impression d’être dans un cauchemar et de ne jamais pouvoir en sortir. » Il n’a, malgré tout, pas souhaité quitter le navire. « J’ai voulu prolonger assez vite parce que je considérais qu’il y avait mieux à faire en Pro D2. Il y a eu des saisons difficiles, mais je n’ai aucun regret. »
Ce vendredi, en entrant une dernière fois sur la pelouse d’Armandie avec « l’envie de vivre un beau moment », il repensera forcément au groupe de copains en Espoirs qui sont montés pros ensemble, aux premiers pas en Top 14, aux saisons galères, mais aussi et surtout aux moments partagés sur et en dehors du terrain. « Plus que les résultats, ce sont les relations humaines qui resteront. »
C’est ce qu’il ira chercher au COP XV en Fédérale 3 la saison prochaine, aux côtés de ses frères Hugo et Lucas, en parallèle de sa nouvelle carrière de marchand de biens dans l’immobilier. « Ce n’est pas annoncé encore, attendez ma fin de carrière avec le SUA ! »



