Léo Grandon : « J’ai grandi au milieu de la tribune de l’Étang de Thau »
Léo Grandon : « J’ai grandi au milieu de la tribune de l’Étang de Thau »

Léo Grandon, quintuple champion de France de beach soccer et international tricolore depuis de longues années, est l’un des cadres du MHSC Beach Soccer (MHBS). À 31 ans, il revient sur sa carrière, les difficultés actuelles de la discipline en France et son attachement profond à son club de cœur.

Une saison 2025-2026 marquée par des défis

Interrogé sur le bilan des derniers mois, Grandon n’élude pas les difficultés. « C’est une année vraiment particulière, qui laisse un goût d’inachevé », confie-t-il. La Fédération française de football a supprimé le National Beach Soccer pour des raisons financières, une décision qu’il qualifie de « coup d’arrêt pour notre développement ». Malgré cela, le MHBS a participé à la Ligue des champions de beach soccer, terminant à la 19e place. « Face aux plus grands clubs européens et à des joueurs qui s’entraînent toute la journée, c’est difficile de rivaliser, mais nous avons tout donné », explique-t-il.

Un parcours jalonné de succès

Grandon a débuté le beach soccer en 2011 à Palavas, avec Robin Gasset et Christophe Touchat. Il rejoint ensuite le MHBS avant de cofonder le GMPBS en 2015. « Cela aura été une aventure magnifique avec un palmarès exceptionnel », se souvient-il. Avec cinq titres nationaux, il fait partie d’un trio restreint comprenant également Karim Ferhaoui et Anthony Barbotti. « J’aimerais vraiment atteindre ce sixième titre, ce qui va m’obliger à pousser encore une année de plus », plaisante-t-il.

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Son palmarès inclut huit championnats d’Occitanie, trois titres de meilleur buteur, cinq victoires dans des tournois internationaux, une demi-finale de Ligue des champions et un quart de finale de Coupe du monde des clubs avec Bruxelles. « Le beach m’a permis de vivre des choses folles », résume-t-il.

Un décalage préoccupant avec l’étranger

Grandon déplore le retard de la France par rapport à ses voisins européens. « Tous les autres championnats sont professionnels, alors que nous conservons un statut amateur. Et cela se répercute inévitablement sur l’équipe de France », affirme-t-il. « Chez nous, les joueurs travaillent à côté, notre statut n’évolue pas. Nous ne pouvons pas faire de miracles face à des athlètes payés qui s’entraînent quotidiennement. » Il s’inquiète de voir l’écart se creuser et juge « triste que la France soit le seul pays où l’on supprime une compétition majeure comme le National ». Il salue néanmoins l’existence d’un championnat régional cette saison et remercie la Ligue d’Occitanie et les arbitres.

Un attachement viscéral au MHBS

Originaire de Montpellier, Grandon exprime sa fierté de porter les couleurs du MHBS. « Je suis un membre de la Butte Paillade, j’ai grandi au milieu de la tribune de l’Étang de Thau. C’est une fierté immense de porter ces couleurs », déclare-t-il. Cet attachement le pousse à tout donner pour le club, notamment après le décès de Jean-Louis Gasset, dont le fils Robin est président de la section beach soccer.

Un état d’esprit combatif pour l’avenir

Malgré les obstacles, Grandon reste déterminé. « Je suis dans un état d’esprit de combat, pour mon sport au-delà même de mon club », affirme-t-il. « On nous a dit que cette saison sans National servirait à rebondir pour la suite, j’ai envie d’y croire pour l’année prochaine. » Il souhaite utiliser sa voix pour faire avancer les choses et appelle à l’unité. « J’ai connu plusieurs générations en équipe de France, j’ai joué avec Didier Samoun ou Mickaël Pagis, je refuse de baisser les bras. Je veux apporter ma passion et tout l’amour que j’ai pour ce sport pour l’aider à grandir », conclut-il.

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