Publicité Champion de France et d’Europe de tennis de table il y a 40 ans, le club de La Trinité a retrouvé ses héros. À l’occasion des 40 ans de son doublé historique (champion de France et d’Europe), La Trinité Sports, club sexagénaire, souffle ses bougies. Une histoire riche, loin d’être terminée pour un club qui retrouve aujourd’hui un nouvel élan.
Le retour des héros de 1986
Trophées encore brillants, journaux affichés aux murs, vidéos d’archives... À La Trinité, lorsque l’on pénètre dans la salle de La Bourgade, qui a succédé au mythique complexe SATEM, théâtre des plus grandes heures de gloire du club, il ne faut pas longtemps pour saisir le poids de l’héritage. L’aventure naît en 1964. Georges Ghionda, patron du « Modern Cinéma », fonde le club, qui portera d’abord le nom de son établissement. Il faudra un peu plus de vingt ans de travail pour voir cette petite structure familiale se hisser sur le toit de l’Europe.
En 1986, l’équipe est portée par un trio d’exception : les Français Patrick Birocheau et Christian Martin, alors numéros 6 et 2 nationaux, et le Chinois Xie Saikdu, numéro 3 mondial de l’époque, accompagnés par Robert Prantoni et Marcel Sabbah. Quarante ans après leur exploit européen, le club a réuni ses légendes.
Aujourd’hui voisins dans le Val-de-Marne, séparés par seulement cinq kilomètres, Birocheau et Martin ont fait le déplacement jusqu’à La Trinité pour l’occasion. Xie Saike, retenu en Chine, a, lui, fait part de sa présence en visioconférence. « On avait trouvé ici une ambiance familiale, une ambiance méditerranéenne avec beaucoup de chaleur, se remémore Birocheau. Il y avait un vrai projet monté à l’époque pour que le club grandisse et gagne ses lettres de noblesse. Nous avons fait partie de cette aventure, et c’est une très belle occasion de revenir dans le Sud. »
Pour Michel Diglio, président depuis 2013, revenu au club en 2011, vingt ans après avoir arrêté sa carrière de joueur classé 15, honorer ces années historiques était une évidence : « Ça fait vraiment très plaisir de revoir tous ces joueurs. C’est l’occasion de réunir tout le club et, surtout, de montrer à nos jeunes d’aujourd’hui le niveau exceptionnel qu’il y avait ici. En 1985, 86 et 87, ce club comptait les meilleurs joueurs européens, voire mondiaux. »
Le « chaudron » de La Trinité
Évoquer cette époque, c’est aussi raviver le souvenir d’une ferveur populaire. Les joueurs de l’époque n’ont rien oublié de la folie qui s’emparait de la commune : « On avait l’impression d’être des champions du monde ! Ici, tout prend vite de l’ampleur, se souviennent les deux champions français. On jouait dans l’ancienne salle, il y avait 1000 personnes. Cet engouement extraordinaire nous donnait un ''boost'' supplémentaire, c’était magique. C’est presque pour ça qu’on garde un souvenir plus fort de notre quart de finale joué à la maison, que de la finale remportée à l’extérieur. »
Un esprit de famille intact et un nouveau souffle
Aujourd’hui, bien que le club soit descendu des sommets européens, il préserve précieusement l’essence de la famille pongiste qu’il a toujours été. « Nous avons dépassé les 120 licenciés, se félicite le président. Nous avons aussi accueilli de nombreux nouveaux adhérents à la suite des Jeux Olympiques. Vu l’ambiance des matchs à la télé, nos jeunes sont motivés, ils en redemandent ! »
Si le club se tourne vers l’avenir avec cette nouvelle génération, Michel Diglio garde un rêve utopique dans un coin de la tête : revoir, un jour, les tribunes de La Trinité pleines à craquer. « Ce serait mon plus beau souhait. Ce n’est pas simple à faire aujourd’hui, mais quand l’ancienne salle était pleine, on aurait dit un véritable chaudron. » Le club a encore de belles heures devant lui, mais Martin, Birocheau et Saike resteront à jamais les premiers !
En 1986, le club a été champion de France en battant Levallois et champion d’Europe en disposant du Borussia Dusseldorf 5-3 en Allemagne. Les champions d’Europe il y a 40 ans : Martin, Birocheau, Prantoni, Saïke et Sabbah.



