Julien Laporte : parcours atypique du nouveau pilier du MHSC
Julien Laporte : parcours atypique du nouveau pilier du MHSC

Première recrue de l’intersaison du Montpellier Hérault Sport Club, le défenseur auvergnat Julien Laporte n’a pas connu une trajectoire classique pour devenir professionnel. Il en a fait une force, dont il se servira encore ce mardi 23 septembre à 20h30, lors de la réception de Boulogne-sur-Mer.

Un parcours semé d’embûches

Il y a les carrières toutes tracées, de l’école de foot au centre de formation jusqu’à l’équipe fanion. Et il y a ceux qui, après avoir pris la porte, reviennent par la fenêtre. Cette deuxième option s’est imposée à Julien Laporte sans que cela traumatise outre mesure le natif d’Aurillac. « Le deal avec mes parents, c’était que tant que je ne gagnais pas ma vie en faisant du foot, je devais aller à l’école, donc j’ai étudié jusqu’à la fac. J’ai deux licences, une en administration économique et sociale et l’autre en gestion », détaille le défenseur de 32 ans.

Le classement de Ligue 2 : un pied dedans, un pied dehors entre le pôle espoir à Vichy mais pas de centre de formation et un retour dans sa ville natale. Puis une signature à Clermont, où il connaît toutes les formations du club, des U19 à l’équipe 3 senior qui évoluait en District. « Je jouais avec le kiné du club, le gardien du stade… On avait des équipes un peu farfelues quoi. C’était vraiment presque à la bonne franquette, mais ça m’a construit aussi », assure le néo-Montpelliérain.

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Une « vie normale » qui forge le mental

Cette trajectoire faite de hauts et de bas, entre blessures et refus de centres de formation, lui permet d’apprécier encore plus ce qu’il vit depuis douze ans avec 255 matches à la clé (106 en Ligue 1, 149 en Ligue 2). Avec une carrière professionnelle qui l’a mené du CF63 à Lorient et aujourd’hui à Montpellier. « Je n’ai pas un parcours linéaire, il est même un peu atypique et c’est ce qui fait ma force, ma fraîcheur et a développé mon mental », estime Laporte, qui en a profité pour avoir « une vie normale, me faire des amis à la fac en dehors du foot ».

Le défenseur est conscient toutefois de sa chance et de vivre son rêve de gamin, même si ça implique « beaucoup de sacrifices, beaucoup de responsabilités et de pression, mais c’est quand même un métier exceptionnel ». Ce recul sur la vie et la lucidité sur son niveau footballistique lui ont fait opter pour Lorient plutôt que Lens en 2019. « Je n’avais peut-être pas le profil pour les clubs de Ligue 1, qu’ils viennent me chercher de manière individuelle. Par contre, trouver un gros club de Ligue 2 qui allait monter, je savais qu’après, je pourrais montrer que j’ai le niveau au-dessus. C’est ce que j’ai fait avec les Lorientais », rembobine le trentenaire.

« Je ne suis pas le joueur le plus clinquant, le plus tape-à-l’œil »

Avec deux montées et malgré une descente, Julien Laporte ne garde que de bons souvenirs de son passage en Bretagne. « J’ai passé six années qui ont vraiment marqué ma carrière sportive mais parce que ça dépasse aussi le cadre du foot avec une belle amitié avec Laurent Abergel. On a aussi vécu la période Covid. Ce titre de champion de France de Ligue 2 en 2025, c’est une belle fierté et une belle fin », confie-t-il. Avec l’impression d’avoir fait le tour de la question et de saisir le moment de mettre les voiles pour retrouver un autre bord de mer, celui de la Méditerranée, attiré par le projet présenté par le staff montpelliérain.

« Leur approche m’a plu et elle est arrivée tôt. C’est un club à taille humaine, familial et qui voulait repartir sur des valeurs saines de travail, d’engagement. Moi, je me suis toujours construit là-dedans. Je ne suis pas le joueur le plus clinquant, le plus tape-à-l’œil mais par contre, toutes ces notions me parlent », explique-t-il.

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Joueur du mois d’août, « une première fois »

Le projet footballistique va aussi de pair avec celui de vie, reconnaît l’Auvergnat. « Il y a aussi la situation géographique qui a compté car je suis à 3 heures de chez moi. C’est important de me rapprocher, même si ce n’est pas à côté. On a une petite fille qui va avoir 11 mois. Elle va pouvoir grandir en voyant de temps en temps ses grands-parents, ses tontons, ses tatas », confie-t-il. Heureux dans son quotidien, même s’il a souffert de la chaleur, Julien Laporte s’épanouit également sur le terrain, comme en témoigne son prix de joueur du mois d’août du MHSC, remis samedi avant la rencontre face à Bastia (2-0). « C’est la première fois que j’obtiens une récompense personnelle », rigole-t-il. Il l’échangerait volontiers contre une victoire en plus au classement. Mais il est confiant pour l’avenir et en son équipe pour monter en puissance, conscient qu’à l’image de sa carrière, la saison du MHSC ne sera pas linéaire.