Les emblèmes des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 ont été dévoilés ce jeudi soir à Briançon, dans les Hautes-Alpes, seule ville du sud de la France encore impliquée dans l'organisation après le retrait de Nice. La cérémonie, initialement prévue sur la Côte d'Azur, s'est finalement tenue dans le parc des sports de Briançon, sous un ciel orageux.
Un dévoilement sous l'orage
Ce jeudi après-midi, Briançon a été copieusement arrosée par un violent orage, au moment même où la délégation officielle arrivait en train de Marseille. « C'est le seul jour de pluie... », a tenté de sourire Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en arrivant à l'hôtel de ville. Malgré les intempéries, l'ambiance était à la fête, car Briançon reste dans la course pour les Jeux d'hiver 2030. C'est désormais le seul territoire du sud de la France à accueillir des épreuves sportives, notamment le ski et le snowboard freestyle à Serre-Chevalier et Montgenèvre, ainsi qu'un village des athlètes au Fort des têtes de Briançon.
Le transfert du pôle glace de Nice à Lyon
Le transfert du pôle glace de Nice vers Lyon doit être définitivement acté ce vendredi par le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop). C'est dans ce contexte que les emblèmes ont été dévoilés à Briançon, une étape symbolique forte pour tourner la page des polémiques. « On va vous dévoiler le visage des Jeux », a prévenu Edgar Grospiron, président du Cojop. Après Paris 2024 et Milan-Cortina 2026, Alpes 2030 a donc son identité visuelle. « Ils sont simples, purs, élégants. Ils ressemblent tellement à nos montagnes ! », s'est réjouie la ministre des Sports Marina Ferrari.
Deux logos complémentaires
Le Cojop et l'agence Saint-Lazare ont conçu deux logos complémentaires pour les Jeux olympiques et paralympiques. « Une montagne de lumière et une contre-montagne de lumière », a expliqué Mathieu Sakkas, directeur de la marque Alpes 2030. Ces logos seront déclinés pendant quatre ans et largement « merchandisés ». Les mascottes, quant à elles, seront dévoilées l'année prochaine.
Les drones annulés à cause de l'orage
Le mauvais temps a toutefois gâché une partie de la fête : 600 drones devaient décoller de Briançon pour former les emblèmes dans le ciel, mais l'orage en a décidé autrement. « C'était pas le jour... », a philosophé le maire Arnaud Murgia. Amélie Oudéa-Castéra, ex-ministre des Sports et présidente du Comité national olympique (CNOSF), l'a rassuré : « C'est la jurisprudence Paris 2024. C'est un signe que ça va bien se passer. »
La rancœur de Renaud Muselier
« On est prêt, on a envie et on va le faire ! », s'est enflammé le maire de Briançon. Nice, en revanche, ne peut pas en dire autant. Voilà deux semaines que le cluster niçois est exclu des Jeux. « Épiphénomène », a taclé Renaud Muselier, président de la Région Sud, qui n'a pas digéré la fermeté d'Éric Ciotti. Le maire de Nice a refusé de voir l'Allianz Riviera occupé pendant de longs mois pour le hockey sur glace, au risque de tout perdre. « On aurait dû être à Nice aujourd'hui, a glissé Muselier, revanchard. Mais j'ai senti le coup. Dès le mois de mars, après les élections, j'ai dit : « Trouvez un plan B ». Finalement on est très bien ici, et j'ai été très bien inspiré. Ils ne veulent pas les Jeux ? Le maire ne les veut pas ? Il n'a rien fait pour les garder ? Eh bien il ne les aura pas, on n'est pas chez lui et il ne les aura jamais ! »
Les athlètes enthousiastes
Loin des querelles politiques, les athlètes se réjouissent de ces emblèmes. « Ça fait rêver, ça donne envie de briller à domicile. On sent que c'est un projet qui unit les athlètes, les territoires », a salué la snowboardeuse Chloé Trespeusch, médaillée de bronze à Sotchi en 2014. Le skieur paralympique Oscar Burnham a été frappé par « la complémentarité des deux emblèmes ». Ce jeudi soir, ils ont rejoint la foule au parc des sports de Briançon pour la présentation au public. L'orage a retardé l'événement, privé de drones et de souffle, mais pour la skieuse marseillaise Camille Cerrati, deux olympiades au compteur, l'essentiel est ailleurs. « Nice, ça fait de la peine. C'était une opportunité énorme... Après, on retombe sur nos pieds. La glace sera ailleurs, mais le Briançonnais est toujours présent. » Alpes 2030 n'a pas totalement perdu le sud.



