Le pôle glace niçois officiellement enterré : 10 dates pour comprendre comment Nice a gagné les Jeux d’hiver… puis les a perdus. Après le dévoilement des emblèmes à Briançon ce jeudi 18 juin, le Cojop doit présenter ce vendredi la carte des sites olympiques. Sans Nice. En deux ans, la capitale azuréenne aura vécu un ascenseur émotionnel, de l’attribution « sous conditions » des Jeux d’hiver 2030 au transfert annoncé du pôle glace à Lyon. Retour en 10 dates sur une aventure avortée.
24 juillet 2024 : victoire conditionnée
Deux jours avant le coup d’envoi des JO 2024 à Paris, la France décroche les 26es Jeux d’hiver. Il faut dire qu’elle était seule en lice, Suède et Suisse ayant jeté l’éponge. Le Comité international olympique (CIO) valide le projet Alpes françaises 2030, sous conditions de garanties financières. La France est alors groggy par la dissolution et le gouvernement Attal, démissionnaire.
2 octobre 2024 : le feu vert de l’État
Investi Premier ministre, Michel Barnier adresse au président du CIO, Thomas Bach, la garantie attendue. L’ex-coprésident des Jeux d’Albertville 1992 s’engage à hauteur de 580 millions d’euros pour ceux de 2030. Immense soulagement pour les présidents des régions Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, qui se répartissent les épreuves à 50-50 : la glace au sud, la neige au nord.
14 avril 2025 : les bases sont posées
Après la création du comité organisateur (Cojop) présidé par Edgar Grospiron, l’acte de naissance de la Solideo est signé à Marseille. La société de livraison des ouvrages olympiques et paralympiques, coprésidée par les régions Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, devra livrer deux sites à Nice : le complexe omnisports olympique (COOL) et le village des athlètes. Le complexe omnisports olympique (COOL) et le village des athlètes devaient voir le jour à Saint-Isidore, près d’Ikea et de l’Allianz Riviera.
3 novembre 2025 : critiques à l’Assemblée
« Un coût rédhibitoire. » Dans un amendement déposé à l’Assemblée, les députés communistes Frédéric Maillot et Soumya Bourouaha étrillent le pôle glace niçois. 138 millions d’euros pour la nouvelle patinoire, 80 millions pour couvrir l’Allianz Riviera : un non-sens à leurs yeux, alors que d’autres villes sont déjà équipées. L’amendement sera rejeté. Mais le débat s’est invité dans l’Hémicycle.
15 janvier 2026 : le contre-projet Ciotti
« Il est inconcevable que l’OGC Nice ne puisse pas jouer [à l’Allianz Riviera] pendant une demi-saison parce que vont s’y dérouler les épreuves de hockey. » Devant le stade niçois, le candidat Eric Ciotti, épaulé du président du club Jean-Pierre Rivère, présente à la presse son projet alternatif pour Alpes 2030. Il brocarde celui de la Ville, « défini dans la précipitation et sans concertation ».
22 février 2026 : la promesse de l’aube
« Une nouvelle aube. » Alors que les JO 2024 de Milan-Cortina se referment dans les arènes de Vérone, les organisateurs d’Alpes 2030 dévoilent un alléchant teaser vidéo des prochains Jeux d’hiver, du Mont-Blanc à la promenade des Anglais. Les présidents de régions Renaud Muselier et Fabrice Pannekoucke récupèrent le drapeau olympique. Jusqu’ici, tout va bien.
1er mars 2026 : Nice, cette dinguerie
« À Nice, les Jeux vont être dingues ! » Dans Nice-Matin, Edgar Grospiron, président d’un Cojop dans la tourmente, s’enflamme pour le pôle glace à Nice. Au menu : hockey et para-hockey, patinage artistique, short-track, curling et curling fauteuil, avec cérémonie de clôture en prime. Nice, future capitale de la glace.
22 mars 2026 : l’élection chamboule-tout
Les sondeurs l’ont vu venir, pas les organisateurs d’Alpes 2030. À Nice, Eric Ciotti est élu maire en lieu et place de Christian Estrosi. Panique à bord. « On a un problème réel », estime Renaud Muselier, qui envisage « un plan B ». Après une campagne électrique, les camps Ciotti et Muselier calment le jeu et s’assoient à la table des négociations. Mais l’équipe Ciotti le martèle : pas touche à l’Allianz. Le projet de cluster niçois aura buté sur l’utilisation temporaire de l’Allianz Riviera.
28 avril 2026 : Nice sauve la mise… en partie
OK, mais sans hockey. Sans hockey masculin du moins. Après plusieurs ultimatums de Renaud Muselier, le Cojop lance un appel à candidatures pour les 30 matchs des hockeyeurs. Faute de solution viable à Nice, cap sur Lyon ou Paris. Le hockey féminin reste, si la Fédération internationale donne son feu vert. Tout le reste aussi.
21 mai 2026 : le patron tape sur la table
Coup de théâtre à huis clos. Lors d’une nouvelle réunion technique, révélée par Nice-Matin, le CIO tape du poing sur la table et rappelle les règles : non, le pôle glace ne doit pas être éclaté ! Ce sera donc tout ou rien. Nouvel ultimatum, imposé par le patron cette fois-ci. Patatras. Le pôle glace niçois fond en quelques jours.
4 juin 2026 : fin de partie, cap sur Lyon
« Le pôle glace sera repositionné dans la métropole de Lyon. » Cette fois-ci, c’est tranché. Une semaine après avoir présenté ce scénario comme « vraisemblable », le Cojop enterre le projet olympique niçois. Muselier et Ciotti s’écharpent, les pro-JO se désolent, leurs détracteurs se réjouissent. Le Cojop doit publier l’acte de décès ce 19 juin… à Lyon.



