Florian Sotoca : « Je suis amoureux de mon club » avant la finale Lens-Nice
Florian Sotoca : « Je suis amoureux de mon club »

Florian Sotoca : « Je suis amoureux de mon club »

Cadre du RC Lens malgré un temps de jeu limité cette saison, l’attaquant lensois Florian Sotoca déclare sa flamme pour le club artésien, auteur d’une saison incroyable, qui vise sa première Coupe de France ce vendredi soir (21 heures) lors de la finale contre Nice.

Issu du monde amateur, Florian Sotoca est le doyen (avec Jonathan Gradit) du RC Lens. À bientôt 36 ans, il endosse le rôle de grand frère au sein de cette incroyable formation nordiste, vice-championne de France derrière le PSG, qui vise sa première Coupe de France contre Nice. Ce mardi, à l’intérieur du dôme Éric Sikora au centre d’entraînement de la Gaillette, à Avion, l’attaquant s’est livré avec pudeur et émotion sur ses sept années passées au RC Lens.

Un engouement énorme pour la finale

Ressentez-vous un engouement particulier pour cette finale ?

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FLORIAN SOTOCA. Oui et il est énorme ! J’habite près d’Arras et je m’en rends compte tous les jours. Tout le monde ne parle que de ce match. Jouer une finale de Coupe de France au Stade de France, c’est quelque chose de fabuleux. On a envie, forcément, de ramener ce trophée à Lens. Le club ne l’a jamais remporté et fête son 120e anniversaire cette année. Tous les clubs champions de France ont gagné au moins une fois la Coupe de France, sauf le RC Lens. On va tout donner pour réparer cette anomalie !

Une saison surprise et une symbiose magnifique

Vous l’auriez cru si on vous avait dit en début de saison que vous seriez vice-champions de France et en finale de Coupe de France ?

Non, parce qu’il y a eu beaucoup de changements à l’intersaison aussi bien parmi les dirigeants, le staff et les joueurs. Après une saison de transition, on ne savait pas trop vraiment où on allait. Benjamin Parrot (le directeur général) et Jean-Louis Leca (le directeur sportif) ont formé un groupe extraordinaire. La symbiose a été magnifique tout au long de la saison. C’était vraiment une surprise pour nous de nous trouver aussi haut au classement toute la saison. Mais on mérite largement cette 2e place. Nous avons bénéficié de l’émergence de jeunes talents comme Robin Risser, Ismaëlo Ganiou ou encore Mamadou Sangaré, le retour en France de Florian Thauvin… Il faut tirer un coup de chapeau à tout le groupe.

La méthode Pierre Sage

Quelle est la méthode Pierre Sage ?

Le staff a une grande part de responsabilité quand vous obtenez une telle alchimie dans le groupe et une grosse qualité de jeu. Le coach a su amener son calme, sa sérénité et son côté compétiteur pour nous pousser au quotidien à donner le meilleur de nous-mêmes. Il a été élu meilleur entraîneur de Ligue 1 malgré la présence de grands techniciens.

Relation avec le coach et acceptation du rôle de remplaçant

Quelle relation avez-vous avec lui ? Il vous a fait passer d’un statut de titulaire à celui de remplaçant…

Malgré mes 35 ans, j’aspire à jouer, à être sur le terrain… Mais il faut savoir aussi se taire et travailler. Ce que j’ai fait tout au long de l’année. Je suis resté à 100 % derrière mes coéquipiers. Je les ai toujours poussés à donner le meilleur d’eux-mêmes. Je me suis toujours entraîné avec passion, avec plaisir et détermination. C’était important pour moi de montrer l’exemple aux plus jeunes. En ce sens, j’ai endossé aussi un rôle important pour le staff. Tant que je serai ici, je donnerai le meilleur de moi-même, que ce soit sur le banc ou sur le terrain.

Rôle dans le vestiaire

Quel est votre rôle dans le vestiaire ?

Avant chaque match, j’ai quelques petits mots pour mes coéquipiers et mon équipe. Je distille deux ou trois conseils, pour encourager ou pour rassurer. Ça m’arrive souvent de prendre la parole, voire tout le temps (rire). Je fais ça avec passion. C’est dans mon tempérament de fonctionner ainsi. Je ne vais pas changer parce que je joue moins.

Gestion de la frustration

Comment évacue-t-on la frustration de moins jouer ?

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J’ai toujours envie de donner autant parce que ce club-là m’a toujours tout donné. J’ai connu toutes les divisions de la R1 à la Ligue 1, j’ai aussi disputé la Ligue des champions. Pourquoi ferais-je la gueule ? Je reconnais la chance que j’ai de me retrouver au quotidien dans ce club.

Un joueur décisif dans l'histoire du club

Qu’est-ce que cela représente d’être le joueur le plus décisif de l’histoire du RC Lens au XXIe siècle (42 buts et 30 passes décisives) ?

Forcément, c’est quelque chose de touchant et d’émouvant quand vous regardez la grandeur de ce club. Venant du monde amateur, je n’aurais jamais imaginé ça lors de mon arrivée en 2019. Ma carrière a eu des hauts et des bas mais je me suis toujours accroché. Je suis à l’image du RC Lens, on était fait pour se rencontrer.

Une histoire d'amour avec le Nord

Né à Narbonne, vous avez joué à Béziers, Martigues, Montpellier… Votre histoire, c’est Bienvenue chez les Ch’tis en fait…

Les gens m’ont vraiment super bien accueilli dès les premiers instants. Ils ont toujours été positifs envers moi et ma famille. Je ne peux être que reconnaissant. Mes trois enfants ont grandi ici. C’est aussi un symbole fort. Je n’ai gardé que mon accent chantant du Sud (sourire). Mon histoire avec Lens est magnifique !

Le public lensois, le meilleur de France

En quoi le public lensois est-il le meilleur de France pour vous ?

Quand je suis arrivé en Ligue 2, le stade affichait complet à chaque match à domicile. À l’extérieur, le parcage était plein également. Les supporters sont des connaisseurs et des passionnés. Ils éprouvent un amour considérable pour le RC Lens. C’est avant tout lié à une famille, à une histoire, à un héritage. Je ressens une grande fierté de ramener le peuple sang et or au Stade de France. Je ne sais pas combien ils seront, peut-être 50 000 ou 60 000. On veut ramener ce trophée chez nous samedi pour les rendre heureux.

Prolongation et avenir au club

Après des sollicitations (Nantes) au mercato hivernal, vous avez prolongé votre contrat d’un an jusqu’en 2027. Intégrerez-vous après le staff lensois ?

J’aimerais forcément finir l’histoire ici et après, pourquoi pas, entrer dans le staff. Mais, pour le moment, je me sens bien physiquement. Les dirigeants m’ont proposé une prolongation d’un an malgré mon très faible temps de jeu. Ça prouve que je suis toujours aussi important au quotidien à leurs yeux. Je suis très reconnaissant de ça. J’aurais pu partir pour peut-être gagner plus ailleurs mais ce n’est pas vraiment dans mon intérêt ni dans mon tempérament. Je suis un amoureux de mon club et de ses supporters qui m’ont toujours soutenu.

L'évolution du club depuis 2019

En quoi le club a-t-il changé depuis votre arrivée en 2019 ?

À l’époque il évoluait en L2 et il n’avait rien à y faire. On a réussi à monter au sein de l’élite dès la première année, dans un contexte particulier avec le Covid et mon pénalty contre Orléans (ce but permet aux Lensois d’accéder à la L1). Quand on regarde le chemin parcouru, il est assez fou car on a réussi ensuite deux 2e places en L1 synonyme de qualification en Ligue des champions plus une finale de Coupe de France. L’histoire serait magnifique avec une victoire ce vendredi. Structurellement, l’achat du stade Bollaert et les travaux au centre de la Gaillette sont aussi importants pour le développement du club.