Le Jour J a sonné. Qualifiés vendredi pour les demi-finales des Championnats du monde par équipes à Londres après leur victoire (3-0) contre le Brésil, les Bleus défieront ce samedi soir la Chine (20h30), invaincue depuis 2001, pour une place en finale. Un match pour l'histoire.
Une qualification éclatante
Vendredi soir, à Londres, la samba était tricolore. Un pas de trois endiablé entre les frères Lebrun et Flavien Coton a fait tourner en bourrique (3-0) le Brésil de Hugo Calderano en quart de finale. Le N.3 mondial a côtoyé la misère au cœur de la Copper Box Arena Wembley. La tension était électrique, et Coton-lige a flingué le premier match (3-0) en marchant sur les pieds de son adversaire sans pitié. Avec Félix et Alexis Lebrun derrière, la messe était dite. Les Brésiliens n'ont pas existé.
L'ogre chinois invaincu depuis 25 ans
La suite était à prévoir ou à redouter pour l'équipe de France. La concurrence mondiale se resserre au sommet du ping, mais le dernier tour se boucle invariablement par l'ultra-domination des nations asiatiques, la Chine en tête, accompagnée de Taïwan et du Japon, qui s'affronteront ce samedi en demi-finale. Mais c'est assurément l'autre demie qui provoquera curiosité et excitation grâce à la présence de la France, 'l'intrus' du week-end, qui rêve d'une voix irrévérencieuse de terrasser la Chine de Wang Chuqin. L'exploit de toute une génération, peut-être même du siècle, estime la joyeuse bande.
La Chine est invaincue dans la compétition depuis un quart de siècle. Ce chiffre donne le vertige et souligne l'écrasante hégémonie d'un pays qui cumule onze titres consécutifs depuis 2001 (26 sacres en 31 éditions depuis 1961). Les frères Lebrun n'étaient pas encore nés. Le destin les attendait peut-être pour griffer d'un coup de raquette la calligraphie chinoise, immaculée et invincible. Disputés tous les deux ans, les Mondiaux par équipes font bégayer l'histoire. L'Empire du Milieu (300 millions de pratiquants, 17 millions de licenciés) a fait du ping son œuvre, son soleil, à l'instar de la Corée avec le tir à l'arc ou l'Inde avec le cricket.
Wang Chuqin, l'invincible
Wang Chuqin est invaincu face à tous les Tricolores. Le N.1 mondial surfe sur une série de sept victoires d'affilée face à Félix Lebrun, la dernière en date en 8e de finale de la Coupe du monde ITTF (4-2), un match exceptionnel qui avait basculé de peu. Son frère Alexis (0-2) et Simon Gauzy (0-3) perdent aussi la confrontation, tandis que Flavien Coton, 17 ans, est vierge de toute référence. Vainqueur du WTT Singapore Smash et de la Coupe du monde en 2026, Wang Chuqin (25 ans) est l'homme des grands rendez-vous. Il porte symboliquement la fierté d'un milliard et demi de Chinois. Entre la normalité du succès ou le déshonneur de la défaite, il a surtout tout à perdre.
Félix Lebrun, l'effronté
Félix Lebrun est invaincu depuis le début du tournoi – qui fête cette année son centenaire –, excepté une défaite (3-1) face au Japonais Sora Matsushima (N.8) en poules. Ce parcours sonne comme une permission, celle de prendre le pouvoir, un pied de nez à la rigueur des pronostics. Impérial en phases finales, le Montpelliérain l'a encore montré vendredi : il n'est pas N.4 mondial pour rien. Détenteur du WTT Chongqing, il s'est programmé pour le rendez-vous. Jeu, attitude, déclarations, sens de l'histoire, tout montre qu'il n'a jamais été aussi proche d'épingler son nom au panthéon des plus grands exploits tricolores.
La revanche des Bleus
La France est invaincue depuis deux ans… sauf face à la Chine. Ce constat affiche sa force comme sa limite. On efface tout, on n'oublie rien. Écrasée (3-0) en finale par la Chine en 2024 à Busan, l'équipe de France des frères Lebrun tient sa revanche. Elle a pour elle la dynamique quand son adversaire s'est incliné deux fois en poules. Elle possède aussi un 'troisième' homme, Flavien Coton (18 ans), décisif face au Japon (victoire 3-2) et exceptionnel vendredi contre Calderano, qui est plus qu'une rustine à l'occasion de ses premiers Mondiaux. À l'évidence, les Bleus ont la foi.



