Diego Simonet : « Quand j’ai signé, je savais que je voulais faire ma carrière ici »
Diego Simonet : « Je savais que je voulais faire ma carrière ici »

Pour le dernier match de sa carrière face à Nîmes (samedi 6 juin à 20h30 à l'Arena), le prodige argentin de Montpellier s'est confié, avant de ranger définitivement son maillot.

« C'était compliqué, mais ça va »

Comment vous sentez-vous, physiquement ? « C'était compliqué, mais bon, ça va. Pour samedi, ça va aller. Et puis, même si on pète encore plus les chevilles, ce n'est pas grave (rires). »

Comment avez-vous vécu cette dernière semaine ? « Intense, mais très positive. Mais ça m'a permis de ne pas être fixé sur la blessure. J'essaie de profiter de tous ces derniers instants. Jeudi, j'ai vidé mon casier dans les vestiaires du FDI. C'était un moment difficile parce que j'ai passé mes 13 dernières années à la même place, ici à Montpellier. C'était dur, mais je suis content. »

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Un état d'esprit serein

Dans quel état d'esprit êtes-vous ? « La même sensation que quand tu finis un match et que tu as tout donné et gagné, que tu es soulagé. Un peu comme ça. J'ai aussi envie aussi de finir avec un bon match, gagné, et surtout contre Nîmes. »

Est-ce que vous réalisez que vous ne serez plus handballeur professionnel samedi soir ? « Ça, c'est difficile à réaliser. Mais je savais depuis décembre que j'allais arrêter. J'ai profité comme jamais ces derniers six mois, sur le terrain, en dehors, avec les copains. Je n'ai jamais autant profité de la vie à Montpellier, tous les trucs d'équipe, comme je l'ai fait cette année. Je pense que ça s'est vu, parce que j'ai fait une de mes meilleures saisons au niveau construction d'équipe et personnel aussi. »

L'origine du surnom « Chino »

D'où vous vient ce surnom de « Chino » ? « Ah ! En Argentine, tout le monde a un surnom. Quand j'étais à l'école j'avais toujours le sourire, ça me faisait des yeux plissés un peu "chinois". Ils m'ont appelé Chino, ça vient de là… Parce que je souriais tout le temps. »

Vous avez dû recevoir beaucoup de messages de soutien, que ressentez-vous ? « Ma femme m'a dit : "Profite, après, plus personne ne va vouloir faire l'interview. Tu ne vas pas être sollicité comme maintenant". Je sais qu'après, l'exposition et tout ça, va se calmer. Je suis content aussi que ça soit comme ça. Le plus important, c'est le club, pareil avec l'équipe nationale. On est ici pour apporter notre grain de sable. Je suis conscient que ça va être comme ça. Je n'ai pas de peur, je n'ai pas de regrets. J'ai envie de passer à une autre étape. »

Des choix assumés

Justement, est-ce qu'il y a des choses que vous auriez faites autrement ? « Non, je suis très content de toutes mes décisions que j'ai prises. Bien sûr, j'étais bien conseillé parce que même avant de signer à Montpellier, j'avais des doutes parce que j'ai joué avec mon frère et j'étais bien à Ivry. Mais je n'étais pas conscient de la décision que j'étais en train de prendre. J'ai eu des propositions pour aller ailleurs. Mais pour moi, la priorité, c'était de bien vivre dans un bon endroit. Pour moi, Montpellier, c'était plus que Barça, plus que la Hongrie… Quand j'ai signé la première fois, je savais que je voulais faire ma carrière à Montpellier. »

« Diego a marqué le championnat »

Pour sa dernière comme coach de l'Usam, David Degouy vivra un match particulier sur le banc, lui qui a côtoyé Diego Simonet à Ivry, Montpellier ou en équipe nationale d'Argentine. « Montpellier a des enjeux très importants et c'est le dernier match de Diego. Le contexte compte beaucoup, maintenant ça reste un derby et j'ai la volonté de bien terminer avec mon club, de tout donner. Je viens avec beaucoup d'humilité. Je sais où je viens, l'Arena, le MHB et la dernière de Diego », assure-t-il. Pour autant pas question de faire de cadeau. « C'est un match très important. J'ai la volonté de bien terminer avec l'Usam et d'obtenir le meilleur résultat possible », poursuit le technicien gardois. « Diego a marqué Montpellier et qui a marqué le championnat de France depuis son arrivée à Ivry. Je suis très content d'être de l'autre côté, de pouvoir l'affronter et de participer à cette fête. J'ai passé 4 années avec la sélection argentine. Je mesure bien la chance que j'ai d'être là, parce que le tirage au sort n'était pas évident, que Diego décide de s'en aller ce n'était pas évident, arrêter. »

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« Il m'a écrit un très beau message. Donc ça va être très bien aussi de pouvoir le partager avec lui, confie de son côté Diego Simonet. On a établi une belle relation aussi. »

Le match qui a tout changé

Est-ce qu'il y a un match qui vous a particulièrement marqué ? « C'était celui qui nous a offert la qualif pour les Jeux de Tokyo avec l'Argentine. La finale des Jeux Panaméricains contre le Brésil en 2018 (victoire 29-24). Parce que j'étais un des leaders de l'équipe nationale et je venais de louper les JO de Rio à cause d'une blessure. Cette finale des Panaméricains, pour aller à Tokyo, c'était la dernière fois que j'avais la chance de jouer avec mes frères aux JO, en équipe nationale. J'avais changé toute mon alimentation pour avoir la forme. C'était beaucoup de sacrifices jusqu'à cet objectif final. Quatre ans après, ça a changé beaucoup ma vie. Du côté personnel aussi. Il y a eu beaucoup de sacrifices pour arriver à cet objectif-là. »

Les personnes qui l'ont marqué

Et une personne ? « J'ai eu la chance d'avoir un grand frère, Sebastian, qui était un peu mon modèle à suivre. Jusqu'à 21 ans, je voulais faire tout ce qu'il faisait. C'est lui qui est parti en Europe en premier. Il a tracé un peu le chemin pour moi mais surtout de beaucoup de gamins en Argentine. Il m'a montré qu'il fallait aller à l'extérieur pour s'améliorer, pour jouer avec les meilleurs. Mika Guigou, à Montpellier m'a aussi beaucoup marqué. Il m'a donné des conseils handballistique. Il m'a intégré très bien au groupe quand je suis arrivé. Il m'a montré son leadership. Il y en a un autre qui m'impressionne, plus pour son côté humain. Un vrai gladiateur sur le terrain, c'est Valentin Porte. Il est toujours là, il ne se blesse jamais. Je suis impressionné par ce joueur. Quand on rentrait sur le terrain, on savait qu'on pouvait compter l'un sur l'autre. Valentin, c'est comme mes frères sur le terrain. »

Un conseil pour le petit Diego

Qu'est-ce que vous diriez au petit Diego si vous le rencontriez ? « Qu'il continue à s'éclater parce que ça, c'est la leçon. Si un jour, on te demande de changer, de faire différemment reste, comme tu es. Que s'il ne profite pas, il ne va pas jouer à son meilleur handball. Mon seul conseil : qu'il profite de ce beau sport et qu'il soit toujours positif en cherchant des solutions et en se jetant dans tous les ballons et peut-être faire un peu plus attention quand il est blessé, de ne pas trop pousser quand il a mal… »

Le match décisif

« Ce n'est pas une der pour rien, elle est importante. Je n'ai pas envie de dépendre du résultat nantais, que ce soit entre nos mains. Il faut donc gagner », annonce Erick Mathé. Mais dans des conditions particulières. « Autant la dernière de Diego est importante, autant je la dissocie complètement parce que le plus important c'est de se qualifier pour la Ligue des Champions », poursuit le coach héraultais bien conscient de l'enjeu de cette rencontre. « Au plus ça va avancer, au plus les émotions monteront, mais le principal sera de penser au jeu qu'à tout le reste même si ce n'est pas facile », admet-il tout de même. S'il veut se qualifier pour la Ligue des champions la saison prochaine, un succès suffira au MHB. Sinon il devra compter sur un faux pas de Limoges à Nantes.

Montpellier : Bolzinger, Desbonnet. Villeminot, Srna, Moraes, Casado, Lenne, Richert, Guigon, Monte, Caille, Porte, Balaguer, Simonet, Plantin, Prat. Nîmes : Pardin, Grosjean. Vincent, Berthet-Macle, Peyre, Tuxargues, Kaczor, Kamtchop-Baril, Acquevillo, Gibelin, Nol, Faustin, Derisbourg, Ondoni, Gibernon, Lafosse.

« Mon cœur est argentin mais on a choisi Montpellier »

Vous sentez-vous plus Argentin ou Montpelliérain ? « Bien sûr que je suis Argentin. Mais Montpellier, c'est l'endroit où, avec ma femme, on choisit de vivre. Je trouve que c'est plus important de choisir la ville où tu veux vivre. Même remplacer celle où tu es né, où tu t'es créé, loin de la famille, loin des amis. Choisir la ville pour vivre avec ta famille et éduquer les enfants, c'est plus important. Mon cœur est argentin. Mais on a choisi Montpellier parce qu'on adore et on a une chance énorme de l'avoir découvert et de vivre ici. »

La suite pour Diego Simonet

Quelle est la suite pour vous ? « Maintenant, ma femme va décider ce qu'elle veut faire. Des voyages, rester tranquille à la maison ou m'occuper un peu plus du bébé. Jusqu'à maintenant, les trois enfants qu'on a eus, c'était elle qui s'en occupait à fond tous les soirs parce qu'elle savait qu'il fallait que je me repose. Je vais me donner le temps pour bien réfléchir et pour voir ce que je vais faire dans le futur. Parce que j'ai des projets personnels, mais j'ai aussi envie d'aider le club. J'ai très envie de découvrir et de faire d'autres choses. Je vais prendre mon temps pour réfléchir. Mais c'est sûr qu'on va rester à Montpellier parce qu'on a décidé avec ma femme de continuer notre vie ici. »

Rester dans le handball, cela vous intéresse ? « Oui, mais si j'arrête de jouer, c'est pour arrêter de voyager. Être entraîneur, ça implique tout ça. Donc cette option, elle n'est pas imaginable. Mais bien sûr, donner un coup de main au club s'il le faut ou quoi que ce soit, je suis très disponible. »