Depuis l'annonce du probable transfert des épreuves de glace des Jeux d'hiver 2030 de Nice vers Lyon, le monde économique azuréen se mure dans un silence assourdissant. Avec, pour certains, l'infime espoir d'un ultime coup de théâtre.
Un projet mort-né
Tout a basculé rapidement pour le pôle glace à Nice, selon toute vraisemblance mort-né. Mais les acteurs économiques concernés se hâtent lentement de réagir. Le départ des épreuves de glace vers Lyon est un énorme coup dur pour le tissu économique azuréen. Notamment parce qu'il n'y aura « vraisemblablement plus d'équipement pérenne issu des Jeux pour les sports de glace à Nice », dixit le comité organisateur, le Cojop. Exit le COOL, ce complexe omnisports olympique qui devait voir le jour en face d'Ikea. Exit aussi le village des athlètes voisin (qui avait déjà trouvé attributaire), et la perspective de 400 nouveaux logements une fois la flamme éteinte.
Une déception immense
À l'instar des acteurs sportifs sondés dans nos éditions du lundi 1er juin, « la déception est immense », manifestement, dans le monde économique. Investissements, emploi, retombées touristiques et d'images… La facture se chiffre en dizaines, voire centaines de millions d'euros. Mais à ce stade, nul entrepreneur, représentant de fédération professionnelle ou de chambre consulaire ne s'est risqué à exprimer son dépit sur la place publique.
Une communication attendue
Une communication à plusieurs voix était envisagée ce jeudi 4 juin, à l'occasion du salon des Entreprenariales organisées à… l'Allianz Riviera. Précisément - coïncidence - dans le stade sur lequel aura coincé le projet de cluster niçois. Ce lundi, une telle communication n'était plus du tout certaine. Et les communiqués de presse attendus ici ou là se faisaient attendre. Le sujet est sensible, à l'image de la guerre ouverte entre Renaud Muselier et Eric Ciotti. Le président de la Région Sud et le maire de Nice ne retiennent plus leurs coups, depuis que le Comité international olympique (CIO) a sifflé la fin de la partie.
Un espoir ténu
Verdict définitif ? Pas tout à fait. C'est aussi, sans doute, ce qui explique l'attentisme prudent du monde économique. « Oui, c'est mal parti. Mais le projet doit être mené à bout comme prévu. On ne peut pas se permettre de perdre des investissements de cette ampleur. J'espère que nous pourrons y arriver », veut encore croire le président de la fédération du bâtiment et des travaux publics des Alpes-Maritimes (BTP 06). Sans se bercer d'illusions, Patrick Moulard entend « défendre les intérêts de la profession », soucieux d'« œuvrer dans le sens des acteurs économiques ».
Rencontre en mairie
« Il y a encore un espoir », certes très ténu, veut croire Pierre Polito. L'ex-patron de l'UPE 06 est, aujourd'hui, adjoint au maire de Nice délégué aux entreprises, au commerce, au développement économique et à l'enseignement supérieur. Pour lui, un compromis reste « le bienvenu » si le CIO venait à accepter un pôle glace à Nice… sans Allianz Riviera. Telle est la ligne rouge fixée par Eric Ciotti, élu fin mars avec le renfort de poids de Jean-Pierre Rivère, l'actuel président de l'OGC Nice. Les patrons de fédérations doivent être reçus en mairie cette semaine. L'occasion de chiffrer « l'impact économique réel », dixit Pierre Ippolito, et de voir comment « compenser » si les anneaux olympiques partent bel et bien ailleurs. La question sera au menu du prochain bureau exécutif du Cojop, prévu ce jeudi 4 juin.



