Le 7 mai 1982, un match pas comme les autres
Vous en souvenez-vous ? C'était le 7 mai 1982, sous l'ère Claude Bez. Ce jour-là, Bordeaux se déplace à Nantes sans gardien de but pour protester contre la sanction infligée à Dragan Pantelic. Résultat : une défaite cuisante 6 à 0. Retour sur un épisode qui a marqué l'histoire du football français.
Les origines de la polémique
Le 13 avril 1982, dans un match crucial pour le titre, les Girondins entraînés par Aimé Jacquet s'inclinent à domicile face à Lens, sur une décision arbitrale litigieuse. Dans le couloir du stade Lescure, un arbitre de touche accuse le gardien bordelais Dragan Pantelic de lui avoir donné un coup de pied. Pantelic reçoit alors un coup de manche de drapeau sur la tête, nécessitant trois points de suture.
Une suspension contestée
Pantelic est finalement suspendu un an par la Ligue après plusieurs mois de procédure. Ulcéré par cette décision, le président Claude Bez, connu pour son tempérament bouillant, décide de jouer la dernière journée de la saison 1982-1983 avec un gardien volant. Ainsi, Marius Trésor puis Alain Giresse occupent le poste de gardien face à Nantes.
Le match sans gardien
Le 7 mai 1982, devant 21 586 spectateurs, les Girondins débarquent au stade Marcel Saupin. Ce match reste gravé dans les annales. Bordeaux est déjà assuré de jouer l'Europe, tandis que Nantes termine à la 6e place. Alain Giresse déclarera plus tard : "Ce match aurait décidé d'une place en Coupe d'Europe ou du titre, je ne pense pas que le président Bez aurait pris cette décision. On n'a rien faussé du tout, l'éthique était préservée."
Une victoire amère pour Nantes
Sans surprise, les Canaris s'imposent 6-0. Les commentateurs sportifs dénoncent une "mascarade" et la victoire laisse un goût amer aux Nantais. Le capitaine Patrice Rio estime que Bordeaux se moque d'eux et du public, même si ce dernier savait à quoi s'attendre. Le lendemain, le journal Sud Ouest titre : "Bordeaux, sans gardien, mieux que Metz", en référence à la défaite 9-2 des Messins contre Saint-Étienne.
Épilogue
Dragan Pantelic quitte la France pour terminer sa carrière dans son club de cœur, Radnicki Nis. L'ancien international yougoslave meurt le 21 octobre 2021 des suites du Covid-19, à l'âge de 70 ans. Cet épisode reste l'un des plus insolites de l'histoire du football français.



