Les États-Unis vont allouer 1,8 milliard de dollars à un « fonds d'indemnisation » destiné aux partisans de Donald Trump qui ont été poursuivis sous la présidence de Joe Biden. Cette décision, annoncée par le ministère de la Justice, a immédiatement suscité une vive controverse politique.
Un fonds controversé
Selon un communiqué officiel, le ministre de la Justice a créé le « fonds anti-instrumentalisation » afin de « mettre en place un processus systématique pour entendre et réparer les griefs des personnes ayant été victimes d'une instrumentalisation politique de la justice ». Ce fonds sera doté de 1,776 milliard de dollars de fonds fédéraux et cessera de traiter les demandes au plus tard le 15 décembre 2028, dernière année du mandat de Donald Trump. Ses cinq membres seront nommés par le ministre de la Justice, et le président américain aura le pouvoir de révoquer tout membre.
Un accord avec la famille Trump
Donald Trump a accepté, en échange de la création de ce fonds, de retirer sa plainte dans l'affaire qui l'opposait au fisc américain (IRS). Dans ce dossier, où apparaissaient également ses deux fils aînés, Eric et Donald Jr., le milliardaire républicain réclamait dix milliards de dollars de dommages et intérêts après la fuite de déclarations d'impôts pendant son premier mandat. Selon l'accord, les membres de la famille Trump recevront des excuses formelles mais pas de compensation financière ni aucun dédommagement d'aucune sorte.
Qui pourra bénéficier du fonds ?
Ce fonds d'indemnisation pourrait être sollicité par des personnes estimant avoir été injustement poursuivies par l'administration Biden. Parmi les bénéficiaires potentiels figurent les centaines de partisans de Donald Trump traduits en justice pour leur participation à l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021, visant à empêcher la certification de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de 2020. Donald Trump avait décidé de gracier plus d'un millier d'entre eux dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.
Des critiques virulentes
Avant même l'officialisation de sa création, ce fonds a suscité les critiques de parlementaires démocrates. La députée Alexandria Ocasio-Cortez l'a qualifié de « corruption pure et simple », tandis que le sénateur Chris Van Hollen l'a décrit comme une « caisse noire, financée par vos impôts » que Donald Trump pourra « utiliser pour récompenser ses alliés politiques ». Le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump, a défendu cette initiative en déclarant : « L'appareil d'État ne devrait jamais être instrumentalisé contre un Américain, et ce ministère a l'intention de réparer les torts causés par le passé, tout en veillant à ce que ça ne se reproduise pas. »



