Perfecto Rodriguez, le président du Béziers MC (BMC), ne cache pas son inquiétude face aux difficultés économiques que rencontrent les clubs de cyclisme. Dans un entretien, il tire la sonnette d'alarme et lance un appel aux sponsors privés pour sauver son club et le cyclisme en général.
Un bilan sportif positif, mais des défis logistiques
Sur le plan sportif, le passage en Nationale 2 est un véritable succès pour le BMC. Cependant, cette progression implique des déplacements plus longs et plus fréquents à travers la France. « Nous courons partout en France, mais jamais dans la région. La dernière fois, nous étions à Dijon », explique Perfecto Rodriguez. La crise pétrolière actuelle aggrave la situation, rendant les coûts de transport difficilement supportables.
Des dépenses de déplacement qui explosent
Pour chaque compétition, le club déplace trois véhicules : un camion et deux voitures. Les frais de route sont devenus l'un des postes de dépenses les plus importants. « À la mi-saison, nous en sommes à chercher de l'argent pour pouvoir simplement terminer l'année », confie le président. Il souligne que contrairement aux clubs de football, qui utilisent des installations fixes, le cyclisme est tributaire de déplacements incompressibles.
Un manque de soutien des instances
Perfecto Rodriguez déplore l'absence d'aide de la part des fédérations. « Du côté des fédérations, il n'y a aucune aide. Elles ne sont pas à nos côtés sur ce type de sujet, c'est nous qui devons assumer les budgets. » En revanche, il salue le soutien du maire de Béziers, qui apporte une aide précieuse au club.
Une gestion d'entreprise en temps de crise
Le président compare la gestion du club à celle d'une entreprise. « Je gère le club comme une entreprise, en bon père de famille. Je m'inquiète quand je dois piocher dans les budgets. Mon obsession, c'est de faire rentrer plus d'argent qu'il n'en sort. » Il précise que le BMC n'est pas en péril immédiat, mais que de nombreux clubs sont en grande difficulté, certains ayant même annulé leur participation à la Coupe de France faute de moyens.
La quête de sponsors privés
Perfecto Rodriguez est convaincu que la solution passe par les partenaires privés, car l'État réduit ses dépenses. Cependant, il est difficile de trouver des sponsors dans le cyclisme. « Si vous prenez une loge à l'ASBH, vous avez une prestation concrète. Le vélo, ce n'est pas palpable de la même manière. » Pour pallier ce problème, le BMC travaille avec d'autres clubs pour créer un groupement de clubs cyclistes et démarcher des partenaires en commun.
Un modèle économique en danger
Le président alerte sur la fragilité du modèle économique du cyclisme. « Il y a de moins en moins d'équipes professionnelles. Donc si c'est déjà compliqué tout en haut de la pyramide, c'est forcément difficile pour nous. Face à une crise comme celle-ci, il est très difficile de s'adapter. » Son objectif pour les prochains mois est clair : trouver de nouveaux soutiens. « Ce n'est pas essayer, c'est devoir. Il faut absolument que j'y arrive. Aujourd'hui, toutes mes soirées sont dédiées à la recherche de nouveaux sponsors. »



