Un match de basket interrompu dans la controverse
Ce samedi 11 avril 2026, la salle des sports de Larbey a été le théâtre d'un incident qui dépasse le cadre sportif. La rencontre de Nationale 3 opposant le Réal Chalossais au Montauban BC s'est brutalement arrêtée alors qu'il ne restait que 26 secondes à jouer, avec deux lancers francs à suivre pour l'équipe visiteuse. L'arbitre a pris la décision de mettre fin au match après avoir entendu ce qu'elle a qualifié d'insultes à caractère raciste.
Le déroulement des événements
Les faits se sont produits en prolongation, alors que le Réal Chalossais menait 86 à 80. Une faute a été commise sur Ola Gadji, joueur de Montauban, qui s'est présenté sur la ligne des lancers francs. C'est à ce moment précis qu'une des deux arbitres s'est dirigée vers la table de marque, créant une grande confusion dans la salle bien remplie. Selon les premiers éléments, des insultes racistes auraient été proférées, entendues à la fois par l'officiel et le capitaine de Montauban.
Après un échange tendu autour de la table de marque, l'équipe visiteuse a regagné les vestiaires et le match n'a jamais repris. La rencontre comptant pour la 23e journée du championnat de Nationale 3 reste donc inachevée, dans des circonstances particulièrement troubles.
Les réactions des clubs concernés
Le club de Montauban a été le premier à réagir, publiant dès le dimanche 12 avril un long message sur les réseaux sociaux. Le club affirme que « des cris imitant des cris de singe ont été entendus » et condamne fermement ces propos racistes. « Non à ces propos racistes qui n'ont de place nulle part et a fortiori dans une enceinte sportive », peut-on lire dans leur communiqué.
Quelques heures plus tard, le Réal Chalossais a apporté une réponse « claire et responsable » à ces accusations. Le club landais réfute catégoriquement les allégations, les qualifiant d'« accusations d'une extrême gravité ». « Le Réal Chalossais tient à rappeler avec la plus grande fermeté que le racisme, sous toutes ses formes, n'a pas sa place dans le sport, ni dans nos salles », a déclaré le club.
La défense du Réal Chalossais
Contacté par notre rédaction, le président du Réal Chalossais, Adrien Baby, a affirmé vouloir « démontrer qu'aucun acte à caractère raciste ne s'est produit lors de cette rencontre ». Le club a organisé une réunion de son conseil d'administration dès le lundi 13 avril et affirme avoir récupéré des éléments « importants » pour « rétablir la vérité ».
« Je suis soulagé d'avoir cette vidéo où on voit des enfants criant pour déconcentrer les joueurs adverses », explique le président Baby. « Ils l'ont fait au moins à six ou sept reprises pendant la seconde période sans que cela pose problème. » Le club landais s'appuie également sur des témoignages de personnes présentes dans les tribunes pour étayer sa version des faits.
L'enquête de la Fédération française de basket-ball
Dès le jeudi 16 avril, la Fédération française de basket-ball va se saisir de cette affaire délicate. La commission sportive devra d'abord examiner les faits et décider du sort du match : entériner le score actuel, faire jouer les 26 secondes restantes, ou ordonner la reprise intégrale de la rencontre.
Dans un second temps, la commission juridique convoquera les différents protagonistes pour une enquête plus approfondie. Le Réal Chalossais appelle chacun « à la responsabilité et à la mesure et au respect afin que toute la lumière soit faite dans un climat apaisé et constructif ».
Cette affaire intervient dans un contexte où le monde du sport français est particulièrement vigilant face aux comportements discriminatoires. La Fédération française de basket-ball devra non seulement trancher sur le résultat sportif, mais aussi envoyer un message fort sur les valeurs du sport.



