Mondiaux de ping-pong : les Bleus visent le titre, la Chine fragilisée
Mondiaux de ping : les Bleus en quarts, rêve de titre

Pour l'instant, le plan se déroule sans accroc. Vainqueurs sans sourciller du Portugal mercredi (3-0), les Bleus du ping se préparent à affronter le Brésil ce vendredi en quart de finale des championnats du monde par équipe, à Londres. L'escouade menée par les frères Lebrun, avec Simon Gauzy en lieutenant-colonel et les jeunots Flavien Coton et Thibault Poret en talentueux seconds, a fière allure. Malgré une nouvelle formule assez incompréhensible sortie du chapeau de la Fédération internationale, elle poursuit son rêve d'un premier titre mondial. La Chine, possible adversaire ce week-end en demi-finale, ne sera sans doute pas aussi confiante qu'aux JO de Paris.

Profondeur de banc

Les joueurs coachés par Nathanaël Molin impressionnent depuis le début de la compétition. Tête de série numéro 2 sur le papier, la France a pourtant dû se farcir des grosses nations du jeu comme le Japon et l'Allemagne dès son entrée en lice, dans une phase de groupe non éliminatoire mais qui servait à redéfinir les têtes de série pour la suite. Une bizarrerie inédite dont les Bleus se seraient bien passés, mais qui leur a finalement permis de fourbir leurs armes.

Après avoir battu assez nettement Taïwan et l'Allemagne, ils ont renversé le Japon malgré un départ délicat avec les défaites de Félix et Alexis Lebrun d'entrée. Invité surprise de cette rencontre, Flavien Coton, 18 ans tout juste, a sonné la révolte en battant le numéro 18 mondial Shunsuke Togami à la belle. Les frangins ont ensuite retrouvé le niveau pour achever la remontada (3-2). « Ce format était assez inconfortable, mais on a su le prendre de la bonne manière, estime le directeur de la haute performance Jean-René Mounié, joint mercredi. On a une équipe très homogène, on a su s'en servir et ça nous donne de la force pour la suite. »

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Une équipe homogène

Hormis la Chine, ultra-dominante depuis trois décennies, pas une autre équipe que la France ne peut en effet se vanter de disposer d'un groupe de cinq joueurs classés dans le top 30 mondial. L'expérimenté Simon Gauzy (19e) n'est plus systématiquement aligné en troisième homme, car Flavien Coton (23e) et Thibault Poret (26e) sont devenus plus que des recours fiables en cas de nécessité. C'est d'ailleurs le jeune Nordiste qui a apporté le troisième point face aux Portugais.

« Il y a deux choses très positives avec lui, développe Mounié. Ses résultats, évidemment, qui parlent d'eux-mêmes [Coton a remporté fin mars son premier tournoi de niveau WTT Contender], mais aussi la stabilité émotionnelle dont il est capable à son âge. Il donne une assise à l'équipe très intéressante. » Avec un Félix Lebrun (numéro 4 mondial) de retour à son meilleur niveau depuis quelques semaines après une longue période de travail de fond, voilà les Bleus outillés pour voir loin.

La Chine « fragilisée »

Vice-champions du monde et médaillés de bronze olympiques il y a deux ans, champions d'Europe l'an dernier, ils n'ont pas l'intention de se contenter des accessits. Ils se sentent forts, et en plus, les Chinois ont montré des signes de faiblesse inhabituels ces derniers jours. Alors qu'ils n'avaient plus perdu une seule rencontre au niveau mondial depuis 26 ans, ils en ont laissé deux en route lors de la première phase, contre la Corée du Sud (1-3) puis la Suède (2-3). Sans trop de conséquences sur la suite, mais les adversaires n'en ont pas raté une miette.

« C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a des ouvertures qui semblent plus importantes. On voit bien que la Chine est plus en difficulté que lors de ces dernières années, rapporte le directeur de la haute performance tricolore. Ils sont fragilisés, mais attention, ça reste quand même la meilleure équipe du monde. »

Certes, on ne trouvera personne pour arriver face aux Chinois en se proclamant favori. Il n'empêche. Derrière l'injouable numéro 1 Wang Chuqin, on ne trouve désormais qu'un seul représentant de l'empire du ping dans le top 10 mondial (Lin Shidong), quand ils étaient cinq à squatter les cinq premières places il y a encore deux ans. Signe d'un effritement ? D'une concurrence en progrès constants, plutôt.

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« Le niveau des autres équipes n'a jamais été aussi relevé. Il y a une homogénéité dans le top 6 mondial qui était inconnue jusqu'à présent, estime Jean-René Mounié. C'est la première fois depuis très longtemps qu'on a une telle densité. » Derrière la France, la Suède du prodige Truls Moregard, le Japon d'Harimoto et Matsushima, l'Allemagne ou la Corée du Sud sont autant de gros outsiders. Même le Brésil d'Hugo Calderano, vainqueur de la Coupe du monde l'an dernier, s'annonce comme un adversaire coriace sur la route du dernier carré.

Un rêve de titre

Dans ce nouvel ordre mondial en train de se dessiner, les Bleus ont leur carte à jouer. « On sait que la barre est haute. Mais il faut se concentrer sur nos forces, sur ce qu'on sait faire. Je crois qu'on est dans les rails, conclut Mounié. On y croit fort, très fort. Les garçons ont cette conviction depuis bien longtemps maintenant. » « Ce titre, on l'a dans un coin de notre tête, c'est notre rêve. Mais pour l'instant, on est en quarts, ajoute Félix Lebrun, interrogé par L'Equipe. L'objectif, c'est la médaille. On va d'abord se concentrer là-dessus. » Mine de rien, ça ne serait que la troisième de l'histoire de cette équipe dans l'ère moderne, après 1997 et 2024.