Le 12 octobre 2019, à Vienne, Eliud Kipchoge est entré dans l'histoire en courant un marathon en 1 heure 59 minutes et 40 secondes. Cet exploit, longtemps considéré comme impossible, a été rendu possible grâce à une préparation minutieuse et des conditions optimales.
Une course parfaitement orchestrée
Le parcours, spécialement choisi, était plat et rectiligne, à l'abri du vent. Des meneurs d'allure, dont des champions olympiques, se relayaient en formation en V pour réduire la résistance de l'air. Kipchoge portait des chaussures révolutionnaires, les Nike Alphafly, dotées d'une plaque en carbone et d'une mousse légère.
Le rôle de la technologie
La science du sport a joué un rôle clé. Des capteurs mesuraient en temps réel la cadence, la fréquence cardiaque et la consommation d'oxygène. Une voiture laser projetait au sol un marquage au rythme de 2 min 50 sec au kilomètre, soit le tempo nécessaire pour passer sous les deux heures.
Un mental d'acier
Kipchoge, déjà champion olympique et recordman du monde, a su puiser dans ses ressources mentales. Sa devise, "No human is limited", résume sa philosophie. Il s'est entraîné au Kenya, en altitude, avec des séances de fractionné et des sorties longues.
Cet exploit ne sera pas homologué par l'IAAF en raison de l'utilisation de meneurs tournants et de ravitaillement mobile. Mais il reste un symbole puissant de ce que l'humain peut accomplir avec la technologie et la détermination.
Les implications pour l'avenir
Depuis, d'autres athlètes tentent l'aventure. Kelvin Kiptum a couru en 2h00:35 à Chicago en 2023. L'objectif des deux heures en compétition officielle se rapproche. Les marques de chaussures investissent massivement dans la recherche pour gagner quelques secondes.
Ce record a aussi relancé le débat sur l'équité sportive : la technologie ne doit-elle pas être réglementée ? Les instances réfléchissent à des limites pour éviter une course à l'armement.
En attendant, le marathon sous les deux heures reste un moment gravé dans l'histoire du sport, une démonstration que les limites sont faites pour être repoussées.



