Journalisme sportif : une féminisation trop lente selon une étude
Féminisation lente du journalisme sportif

Une étude publiée ce mardi par l'Institut national de l'audiovisuel (INA) et l'association Femmes et Médias met en lumière la lente progression de la féminisation du journalisme sportif en France. Selon ce rapport, les femmes ne représentent que 20% des journalistes dans les rédactions sportives, un chiffre en légère hausse par rapport à 2019 (16%) mais encore très loin de la parité.

Des disparités persistantes

L'étude, réalisée sur un panel de 50 rédactions (presse écrite, radio, télévision et web), montre que les femmes sont davantage présentes dans les fonctions de production ou de présentation que dans les postes de reportage ou de commentaire en direct. Ainsi, 35% des présentatrices d'émissions sportives sont des femmes, contre seulement 12% des reporters et 8% des commentateurs de matchs.

Un plafond de verre tenace

Les chercheuses soulignent que les femmes journalistes sportives se heurtent à un plafond de verre, avec des difficultés d'accès aux postes à responsabilité et aux événements majeurs. « Les femmes sont souvent cantonnées à des disciplines dites 'douces' comme la gymnastique ou la natation, tandis que le football, le rugby ou le cyclisme restent très masculins », explique Marie Dupont, co-autrice de l'étude.

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Des progrès à l'écran mais pas en coulisses

À l'antenne, la présence des femmes s'est accrue : elles représentent désormais 30% des visages des émissions sportives, contre 22% en 2019. Cependant, cette visibilité ne se traduit pas par une augmentation équivalente dans les postes de décision. Seules 15% des cheffes de service sport sont des femmes, et aucune femme ne dirige une rédaction sportive parmi les médias étudiés.

Des stéréotypes persistants

L'étude pointe également les stéréotypes de genre qui persistent dans le traitement de l'information sportive. Les sportives sont moins médiatisées que leurs homologues masculins, et lorsqu'elles le sont, les commentaires se focalisent souvent sur leur apparence ou leur vie privée plutôt que sur leurs performances. « On parle plus souvent de la tenue des joueuses de tennis que de leur classement », déplore Sophie Martin, secrétaire générale de Femmes et Médias.

Des pistes pour accélérer la féminisation

Le rapport formule plusieurs recommandations pour remédier à cette situation. Il préconise notamment la mise en place de quotas dans les rédactions, un meilleur suivi des carrières des femmes journalistes, et une sensibilisation aux biais inconscients lors des recrutements. Il appelle également les médias à s'engager à diffuser davantage d'événements sportifs féminins.

Une prise de conscience nécessaire

Si les grandes chaînes comme France Télévisions ou Canal+ ont mis en place des chartes pour l'égalité femmes-hommes, les effets tardent à se faire sentir sur le terrain. « Il ne suffit pas d'afficher des bonnes intentions, il faut des actions concrètes et un suivi régulier », insiste Marie Dupont. L'étude sera remise au ministère des Sports et au CSA pour encourager des mesures contraignantes.

En conclusion, cette étude rappelle que la féminisation du journalisme sportif reste un combat de longue haleine. Si des progrès sont visibles, le rythme actuel ne permettra pas d'atteindre la parité avant 2045 selon les projections. Les médias sont appelés à redoubler d'efforts pour que les femmes occupent enfin la place qui leur revient dans le sport.

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