Geoffrey Doumayrou, en charge de la défense du Montpellier Hérault Rugby (MHR) depuis l’été 2024, s’est exprimé ce jeudi 23 octobre sur le début de saison de son équipe, à l’approche du déplacement périlleux chez le Stade Français.
Un début de saison en demi-teinte
Interrogé sur les sept premières rencontres du MHR, Doumayrou a dressé un constat contrasté : « Je suis satisfait du contenu à domicile, moins à l’extérieur. Les résultats loin de chez nous ne sont pas suffisants par rapport à ce qu’on espérait. » Il voit dans le match à venir une occasion de « faire, non pas un résultat, mais au moins une bonne prestation », espérant ainsi mobiliser ses troupes.
Deux visages, une même préparation
Comment expliquer cette différence de rendement entre les matches à domicile et ceux à l’extérieur ? Doumayrou avoue son ignorance : « Je ne sais pas. On prépare les matches de la même manière. Au rugby, qu’importe ce qu’on peut dire, c’est toujours plus compliqué à l’extérieur. » Il évoque un « supplément d’âme » présent à domicile, notamment face aux grosses équipes, qui fait défaut en déplacement. « Peut-être qu’inconsciemment, on est plus détendu », analyse-t-il, fort de son expérience de joueur.
Il insiste sur l’urgence de réagir après la défaite à domicile contre Toulon (17-27) : « Il y a des matches où on aurait pu le faire, mais on s’est manqué. Si on veut montrer qu’on grandit, il faut accrocher les matches à l’extérieur qu’on a en main. C’est rageant. »
Des progrès collectifs et un système offensif renforcé
Malgré ces difficultés, Doumayrou perçoit une progression : « L’équipe, oui. Le staff, aussi. On est plus précis dans ce qu’on demande aux joueurs. Des habitudes de travail se sont mises en place. » Il rappelle que la saison dernière a été consacrée à la mise en place, tandis que désormais « c’est mieux, c’est plus fluide ». L’objectif reste d’intégrer le top six et de s’y maintenir. « L’efficacité est notre priorité. Ça sert à rien de rester seize heures au stade, c’est un équilibre à trouver. »
Le système de jeu a évolué vers davantage de volume offensif. Interrogé sur l’impact sur la défense, Doumayrou se montre confiant : « Défensivement, je suis plutôt content de ce qu’on arrive à faire. Après, on a essayé de développer un peu plus notre jeu offensif, la manière d’attaquer. On travaille aussi sur les ballons de récupération, une vraie arme dans le rugby. » Il précise que cela nécessite des repères collectifs et non seulement la qualité individuelle des joueurs.
Les statistiques, une préoccupation relative
Avec la troisième meilleure défense du championnat, le MHR affiche une statistique flatteuse. Mais Doumayrou relativise : « Les statistiques, moi… Je préférerais qu’on gagne tous les matches et qu’on ait la sixième défense, comme Pau. Les stats, je m’en fous un peu. En théorie, quand t’es en haut du classement, t’as une défense qui n’est pas dernière. »
Les départs en sélection : une fierté et un défi
Plusieurs joueurs du MHR (Nouchi, Erdocio, Beard, Masibaka, Piccardo) s’apprêtent à rejoindre leurs sélections nationales. Doumayrou se dit « d’abord content pour eux » et aimerait même « en avoir un peu plus ». Il évoque avec humour la possibilité qu’une victoire au Stade Français en ajoute un de plus. « C’est toujours valorisant de voir des mecs de ton club partir en sélection. »
Il reconnaît toutefois les risques de blessures et la gestion des doublons, mais se veut rassurant : « On a un groupe assez fourni s’il y a des doublons. »



