Vente abusive aux seniors : prison avec sursis pour quatre prévenus en Dordogne
Vente abusive aux seniors : prison avec sursis pour quatre prévenus

Deux hommes ont été condamnés ce lundi 11 mai par le tribunal correctionnel de Périgueux pour abus de faiblesse et travail dissimulé, tandis que leurs compagnes ont été reconnues coupables de complicité et recel. Les faits se sont déroulés principalement en Dordogne et en Gironde. « Les gens ont à peine eu le temps de dire ouf », a commenté la présidente du tribunal en achevant le récit des faits reprochés aux quatre prévenus, âgés de 21 à 37 ans.

Une organisation ciblant les seniors

Issus de la communauté des gens du voyage, les prévenus sévissaient au gré de leurs déplacements, notamment à Mussidan, au Bugue et à Thiviers. Les hommes démarchaient les particuliers à leur domicile, autour des aires d'accueil où ils faisaient halte, proposant des matelas ou des services de toiture et de façade, sans jamais fournir de devis, de contrats ni de factures. Ils se faisaient payer par chèque ou via un terminal de paiement électronique, l'argent transitant par les comptes de leurs compagnes.

En six mois, d'août 2024 à février 2025, ils auraient fait 16 victimes, toutes des personnes âgées. Parmi elles, une dame de 78 ans a déposé plainte après avoir payé 500 euros pour un matelas neuf, l'un des prévenus lui ayant soutenu que son ancien matelas était infesté de « punaises de lit » et de « larves blanches ». C'est cette plainte qui a déclenché l'enquête. Grâce à des images de vidéosurveillance et des empreintes, les enquêteurs ont mis au jour une organisation où la vulnérabilité des aînés servait de fonds de commerce.

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Les prévenus minimisent les faits

À la barre, les femmes, poursuivies pour recel et complicité d'abus de faiblesse, ont soutenu qu'elles ne savaient rien des agissements de leurs conjoints. Les hommes, eux, ont affirmé ne faire que leur travail : « Je proposais mes services, ils me disaient oui… Voilà ! », s'est défendu l'un d'eux. Sur les quatre prévenus, un seul avait déjà été condamné par le passé.

Le ministère public a requis des peines allant de dix mois avec sursis à deux ans dont six mois ferme, assorties de centaines d'heures de travail d'intérêt général pour trois des quatre prévenus. La défense a plaidé l'« illettrisme récurrent » d'une communauté qui « vit comme elle peut », fustigeant une enquête qui serait allée « à la pêche aux victimes ». Certaines des personnes entendues « ne savaient même pas qu'elles avaient été victimes d'abus de faiblesse », a-t-elle fait remarquer, ajoutant que certaines avaient acheté les matelas sans porter plainte.

Des peines de prison avec sursis et des obligations de réparation

Après deux heures de délibérations, la justice a tranché : les quatre prévenus ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison avec sursis allant de six à dix-huit mois. Ils devront accomplir entre 105 et 210 heures de travail d'intérêt général et réparer les préjudices causés aux victimes ainsi qu'au Trésor public. Pour le plus actif du groupe, la sanction s'accompagne d'une interdiction définitive de pratiquer la vente à domicile. « Le prix à payer pour avoir voulu endormir quelques anciens avec ses discours », a conclu la présidente.

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