Mercredi 1er juillet, Sony a annoncé la fin de la production des boîtiers contenant des disques de jeux vidéo à partir de janvier 2028. Les futurs jeux PlayStation seront exclusivement disponibles en version numérique sur le PlayStation Store et chez les revendeurs. Cette décision suscite des réactions contrastées parmi les joueurs et les commerçants de la région de Montpellier.
Un changement qui divise les joueurs
Nicolas, fonctionnaire de 39 ans et joueur sur Xbox, exprime son mécontentement : « On paye le produit, mais on ne le possède pas. » Swann, 18 ans, habitué aux achats en ligne, déclare : « Je jouais sur disque quand j’étais plus jeune, j’aimais bien avoir les boîtes. Mais je me suis mis de plus en plus à acheter en ligne directement sur la Play. »
Swann regrette particulièrement que le très attendu Grand Theft Auto VI (GTA 6), prévu en novembre 2026 uniquement sur PS5, soit commercialisé sous forme d’un boîtier contenant une clé de téléchargement plutôt qu’un disque physique. « Je suis un peu déçu de ne pas l’avoir en physique, c’est l’un des seuls que je voulais en disque. Je les ai tous eus en PS5, PS4, PS3 », confie-t-il.
Des revendeurs inquiets pour leur avenir
Laurent, propriétaire de la boutique « Game Jutsu » à Montpellier, âgé de 44 ans, qualifie cette annonce de « coup dur » mais précise : « On s’y attendait. » Il craint une concurrence accrue avec les géants de la grande distribution : « Pour un produit à 60 euros chez nous, il sera à 40 dans un grand distributeur. »
Eva, 21 ans, vendeuse dans un magasin de jeux vidéo, souligne l’impact sur les collectionneurs : « Ceux qui sont là depuis la PS5 et qui collectionnent les boîtes, les CD… Ils sont directement impactés. » Elle appelle au boycott : « Il faut privilégier les achats en occasion, pour éviter une marge d’affaires chez eux (Sony). »
Des arguments économiques et une procédure judiciaire
Sony justifie ce choix par des réductions de coûts de production et une incitation à la consommation numérique, limitant les reversements aux distributeurs, selon BFMTV. En mars dernier, Sony était en procès à Londres, accusé d’avoir abusé de sa position dominante pour surfacturer les joueurs britanniques. Alex Neil, spécialiste des droits des consommateurs, a déclaré à l’AFP : « Une fois que quelqu’un a acheté une PlayStation, il n’a pas d’autre choix, pour acheter un jeu numérique, que de le faire auprès de Sony. Et Sony a abusé de cette position en faisant payer aux consommateurs des prix trop élevés. »
Une pétition contre la fin des disques
Une pétition intitulée « Don’t Kill the Disc : Tell Sony to Keep Physical PlayStation Games » a déjà recueilli plus de 35 000 signatures. Les signataires dénoncent les conséquences de l’arrêt de la production de disques physiques.
Pour survivre, les petits revendeurs comme Laurent misent sur des alternatives : « Le retrogaming, ça marche plutôt bien », explique-t-il, citant également le Trading Card Game (TCG), des cartes de jeux prisées des collectionneurs. La transition vers le tout-numérique semble inéluctable, mais elle laisse un goût amer à de nombreux acteurs du secteur.



