Un professeur de français partage son usage du smartphone
Stéphane, 50 ans, professeur de français, de théâtre et de latin, également éducateur canin en reconversion, consacre en moyenne 2h30 par jour à son smartphone Samsung S25 Ultra. Il se dit résolument opposé à une interdiction pure et simple des téléphones à l'école, mais favorable à un accompagnement et une éducation aux usages raisonnés, via des groupes de réflexion et d'échange.
Selon lui, notre société est passée d'un "tout technophile" à un "tout technophobe". L'Éducation nationale gagnerait à se saisir pleinement de ces technologies, plutôt que de creuser un fossé entre les générations. Dans ses classes de cinquième et troisième, il a ouvert un dialogue sur les usages numériques. Il note que beaucoup d'élèves, surtout des filles en cinquième, se couchent tard, parfois jusqu'à deux heures du matin, pour discuter avec leurs amies. La capacité de déconnexion en soirée est un enjeu important.
Stéphane n'a confisqué aucun téléphone cette année, et seulement deux ou trois en 29 ans de carrière. Son collège a mis en place des ateliers sur la déconnexion avec un intervenant extérieur.
Un grand fan des évolutions technologiques
Stéphane possède une montre connectée et se dit un grand fan des évolutions technologiques. Depuis un an et demi, il s'intéresse à l'intelligence artificielle. Dans sa vie personnelle, il l'utilise pour organiser son quotidien et coder des applications. Professionnellement, il génère des présentations et des capsules vidéo à partir de ses cours, ce qui lui fait gagner un temps précieux.
Il a suivi une formation IA dans son collège, axée sur l'utilisation et la réflexion éthique. Cette formation a abordé l'IA sous un angle philosophique, en questionnant son coût humain et environnemental, ainsi que le paradoxe du temps gagné versus le risque pour l'intelligence.
IA et réseaux sociaux
Le professeur passe l'essentiel de son temps d'écran sur Facebook. Il y scroll comme tout le monde, avec des centres d'intérêt variés : éducation canine, sport (volley de haut niveau, surf), électronique. Facebook lui permet aussi de garder contact avec d'anciens élèves, en n'acceptant que ceux qui ne sont plus dans ses classes. Il les suit pour connaître leur parcours et les aider à trouver des stages ou des contacts professionnels.
Stéphane a une page Facebook dédiée à son activité d'éducateur canin, où il publie des articles d'opinion. Il a aussi une page Instagram gérée par sa fille, car les formats courts ne lui parlent pas. Il préfère les longs textes sur Facebook, en adéquation avec son profil de professeur de français.
Veille pédagogique et déconnexion
Chaque jour, Stéphane effectue sa veille pédagogique via Google Alertes et le suivi de comptes spécifiques, comme celui de Philippe Watrelot. Il se méfie des contenus sur les réseaux sociaux, car il est difficile d'en vérifier la fiabilité. L'intelligence artificielle complète cette routine.
Son téléphone contient des applications professionnelles : l'espace numérique de travail (ENT) pour saisir les absences et les devoirs, et la messagerie du collège pour communiquer avec les parents. Cette année, les messageries sont désactivées de 19h à 7h pour favoriser la déconnexion. Auparavant, il répondait aux élèves jusqu'à 21h. Cette politique porte ses fruits.
Son rapport au téléphone
Stéphane trouve agréable d'avoir un loisir portatif qui cumule jeux, Internet, IA et streaming. Il n'a pas l'impression d'être addict, car il peut s'en passer et a de nombreuses activités. Son application la plus utilisée est Facebook. Il scroll un peu, mais son temps d'écran est diffus sur la journée : un peu le matin, entre 17h30 et 19h, et rarement tard le soir.
Le matin, il consulte Google Actualités pendant une dizaine de minutes. La nuit, son téléphone est en mode "Sommeil" (écran quasi noir, pas de notifications). En classe, il est en vibreur et ne le consulte que pour un usage pédagogique. Il utilise peu les appels, mais beaucoup les SMS et WhatsApp, et s'est mis aux notes vocales cette année. Son dernier message était sur un groupe d'escalade pour organiser une sortie.
S'il ne devait garder qu'une application, ce serait Facebook. Son application "plaisir coupable" est sa montre connectée, qui l'aide à réguler son sommeil et à suivre son sport. Il a aussi des jeux de cartes solitaires. Devant un film, il ne consulte pas son téléphone car il a un vidéoprojecteur. Sa dernière photo montre sa chienne et celle d'un client, enlacées, pour rassurer le propriétaire hospitalisé.



