Les élèves reconduisent cette tradition lycéenne, ce lundi, à coups de farine et d’œufs. En mars, la direction avait déjoué l’organisation du Père cent, mettant en place une fouille des sacs à la date pressentie. Une petite dame s’avance sur la bien nommée rue de la Croix-Blanche, ce lundi 11 mai, peu avant midi. « J’ai entendu des pétards toute la matinée… Vous pensez que je peux aller jusqu’à la pharmacie ? » Elle s’y risquera sans mal, entre les groupes d’élèves enfarinés postés tout autour du lycée Camille-Jullian.
Un jeu de cache-cache avec la direction
Un petit temps mort dans la matinée du Père cent, cette tradition lycéenne qui consiste à fêter les cent jours qui séparent les terminales du bac à grand renfort de farine et d’œufs. Les épreuves du bac auront lieu à partir du jeudi 11 juin mais, manifestement, les tenants du Père cent à Camille-Jullian jouent au chat et à la souris avec la direction de l’établissement. Courant mars, le jour présumé du Père cent, « il y avait une fouille à l’entrée du lycée ce jour-là, donc ils ont reporté », assure une élève. Après un second report, le coup d’envoi a été donné à la récréation de 10 heures, devant les grilles. Les pétards et fumigènes étaient de la partie.
« Un peu calme »
« Les autres ont acheté pour 1 000 euros de feu d’artifice ! » croit savoir un élève de première, short et t-shirt noir, qui prévoit de « recharger » son sac à dos en farine chez un camarade de classe, pas loin. « C’est un peu calme », regrette-t-il, alors qu’à cette heure, seules quelques escarmouches sont à relever d’un groupe à l’autre : lancer d’œuf d’un trottoir à l’autre ou essaimage ciblé de farine. « On fera mieux l’année prochaine », ajoute ce même élève, bravache. Il y a deux ans, la manifestation avait dégénéré, des policiers étant notamment pris à partie par des tirs tendus de mortier d’artifice. Ceux-ci étaient en nombre, à 50 mètres aux abords du lycée, et devant les grilles dûment fermées.
Un appel à la responsabilité
Dans un mail « urgent » adressé à la mi-journée aux parents d’élèves, Didier Guilbault, proviseur de Camille-Jullian, dit appeler « chacun à la plus grande responsabilité », mettant dans la balance « le contexte particulier des cours nationaux accueillis au sein du lycée ». Et d’ajouter, à toutes fins utiles : « Les élèves participant à des actions mettant en danger la sécurité des personnes ou perturbant le déroulement des concours s’exposent à des poursuites ainsi qu’à des sanctions disciplinaires. »



