Le préfet a validé le Plan de prévention des risques de mouvements de terrain (PPRMT) de Latresne, une commune de la rive droite bordelaise située sur un sous-sol fragile. Ce document, qualifié d'« outil essentiel de prévention des risques naturels majeurs », continue de faire débat et devrait être contesté en justice.
Un plan approuvé après enquête publique
En ce week-end de l'Ascension, les services de l'État confirment qu'Étienne Guyot – dont la successeure Sophie Brocas prend ses fonctions ce lundi 18 mai – a validé le fameux PPRMT. En décembre, le document avait reçu un avis favorable suite à l'enquête publique menée de septembre à octobre 2025. La seule réserve du commissaire enquêteur a été « levée » et ses recommandations, notamment des investigations complémentaires sur quatre secteurs d'habitations, ont été « prises en compte avant approbation ».
Un outil pour encadrer l'urbanisation
Le PPRMT, désormais opposable, permet d'encadrer l'urbanisation dans les zones exposées aux mouvements de terrain, fréquents dans cette région. Il s'agit de phénomènes tels que les effondrements de cavités souterraines, les chutes de blocs de pierre ou les glissements de terrain. Environ 200 maisons sur 50 hectares sont concernées, situées au-dessus d'un sous-sol fragile où l'on a extrait du calcaire du XVIIIe siècle jusqu'au début du XXe siècle. Ces carrières, connues sous le nom de « pierre de Bordeaux », s'étendent de Bourg-sur-Gironde à Langoiran.
Des évolutions méthodologiques intégrées
La préfecture précise que le plan a été élaboré « selon la méthodologie nationale en matière de prévention des risques naturels, en intégrant l'ensemble des connaissances disponibles et les évolutions méthodologiques récentes ». Elle insiste sur la « concertation régulière » avec les acteurs locaux et la population.
Des contestations persistantes
Malgré ces précautions, le PPRMT suscite des polémiques depuis plus de dix ans. Propriétaires, mairie, association PLU's et le syndicat Étude et prévention des risques carrières et falaises de Gironde (EPRCF33) contestent « la méthodologie et une analyse déconnectée de la réalité du terrain ». Ce syndicat, qui regroupe 33 communes pour surveiller l'évolution des carrières, estime son expertise négligée. Le processus, relancé en 2016 quatorze ans après une précédente tentative, est critiqué pour des « aléas pessimistes » et une cartographie sans nuance, tandis que certains secteurs, comme le terrain du collège selon la mairie, seraient sous-estimés. Les élus ont déjà annoncé leur intention de contester le PPRMT devant le tribunal administratif.



